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Ales. Tourisme La Mine témoin s'offre un nouveau parcours

dimanche 4 avril 2010 Midi Libre

Si l’activité minière appartient au passé cévenol, son patrimoine et son histoire sont toujours bien ancrés sur Alès. La Mine témoin, à Rochebelle, fait perdurer la mémoire de cette activité qui a fait vivre les Cévennes. « Nous voulons lui donner un second souffle. Dans cette collectivité qui a vécu pendant 150 ans de cette activité. On ne tire pas un trait sur le passé », a déclaré Max Roustan, député maire d’Alès, lors de la présentation des derniers aménagements de la Mine Témoin.
Le site a été repris depuis 2007 par la ville d’Alès. La Mine témoin a donc été enrichie d’un nouveau parcours entièrement scénographié, que font vivre les guides spécialisés qui commentent la visite et la rendent vivante et instructive.
Installé sur les anciennes mines qui ont servi à la formation de plusieurs générations de mineurs, le site de Rochebelle offre désormais 650 mètres de galeries souterraines visitables. Avec une série de lieux mettant en scènes les différents métiers de la mine. Dernièrement, une nouvelle galerie a été réaménagée et une locomotive a été dégagée du fond et restaurée. Elle fait maintenant partie de la scénographie proposée aux visiteurs et ouverte au public depuis le 1er avril.
Par ailleurs, deux gros ventilateurs ont été installés afin d’extraire l’humidité dans les galeries, ce qui améliore le confort de la visite et crée une ambiance plus proche de la réalité. Tout au long du parcours, les visiteurs pourront découvrir les métiers emblématiques de la mine.
Que ce soit le pénitent, avec sa cagoule de cuir, le boutefeu (l’artificier de la mine), le meneur de chevaux, le mineur ripeur, le piqueur… Mais aussi les femmes et les enfants qui avaient leur place à la mine. « Il y a eu une longue recherche sur les costumes et les personnages qui a été faite par l’équipe de la Mine témoin », explique Antonia Carillo, conseillère municipale déléguée au tourisme.
Tout au long de l’année, de nombreuses animations sont prévues, comme la Nuit des musées, le samedi 15 mai, avec une visite de nuit, avant les nocturnes programmées pendant l’été. A noter que pour les personnes handicapées, une visite spéciale est prévue avec la projection d’un diaporama commenté par un guide spécialisé de la Mine témoin. Sans oublier la visite à la lampe de mine.
De quoi redonner vie au patrimoine minier de plus en plus mis en valeur en Cévennes.

Mine témoin d’Alès, chemin de la Cité Sainte-Marie à Rochebelle. Tél. 04 66 30 45 15. Ouverture 7 jours sur 7. Horaires jusqu’au 30 juin : de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 à 18 heures. Visites commentées à 11 heures et 16 h 30. Durée de la visite : 1 h 30. Tarif : 7 euros pour les adultes


L’extraction du mercure du cinabre

Le sulfure de mercure HgS est le minerai de mercure le plus important.
Il est insoluble dans l’eau et dans les acides dilués.
Il est utilisé pour la fabrication du mercure et comme pigment.
Le cinabre contient donc environ 86,2 % de mercure.
On obtient le mercure par grillage du cinabre.
Pour l’extraction du métal, le minerai pulvérulent descend dans un four à 700 °C où l’on envoie de l’air.
Dans une première étape, on récupère le mercure par grillage du sulfure de mercure à l’air vers 700 °C :
Les gaz résultants sont condensés.
La suie contient alors près de 80 % de Hg.
Cette étape s’effectue maintenant principalement par distillation sous vide.
Auparavant, on procédait à un premier lavage par une solution d’acide nitrique HNO3 diluée, ce qui éliminait les métaux plus oxydables que le mercure.
Cette pratique est aujourd’hui limitée car elle pose des problèmes environnementaux.


L'extraction du zinc de la blende

D’après l’archéologue Paul Cradock, les indiens avaient inventé au XIIe siècle un procédé d’extraction du zinc.
Ce procédé a été décrit par des lettrés dans divers ouvrages comme le Rasaratnassamuchchaya (XIVe siècle).
Basé sur la condensation de la vapeur de zinc, il présente des similitudes avec les procédés industriels modernes.
Le minerai (sulfure de zinc, aujourd’hui appelé blende) était « grillé » pour obtenir de l’oxyde de zinc .
L’oxyde ainsi obtenu, mélangé avec diverses matières organiques (source de carbone) et de la dolomie, était placé dans un creuset de terre de forme allongé.
Ce pot était appelé aubergine. Une baguette de bois était plantée dans le mélange afin de créer un conduit par lequel circulera le gaz pendant la chauffe. Le creuset était fermé par un couvercle muni en son centre d’un long conduit servant de condenseur.
Plusieurs aubergines étaient placées dans un four, le condenseur dirigé vers le bas.
La charge ainsi constituée était chauffée par un feu qui brûlait au-dessus.
La chaleur résultant du feu provoquait la vaporisation du zinc.
Celui-ci se condensait dans les conduits des condenseurs situés dans la partie basse du dispositif (donc plus froide).

Plusieurs méthodes ont été expérimentées au XVIIIe siècle pour extraire le zinc de ses divers minerais.
En 1742, le chimiste suédois Anton von Swab distilla du zinc à partir de la calamine
En 1744 le même Anton von Swab en distille à partir de la blende.
De façon indépendante, Andreas Sigismund Marggraf réduisit de la calamine en 1746 et démontra que le zinc pouvait être extrait de la blende.
C’est William Champion (1709-1789) qui fera, à partir de la calamine, la première tentative industrielle de production de zinc à l’aide d’un condensateur ressemblant aux condensateurs indiens.
Il installa son usine en 1743 à Bristol en Angleterre.
Son procédé était basé sur des creusets verticaux prolongés dans le bas de condensateurs trempant dans de l’eau pour les refroidir.
Il fallait soixante dix heures pour produire 400 kg de zinc.
La production annuelle de l’usine est estimée à environ 200 tonnes par an. Le procédé consommait beaucoup d’énergie.
Johan Ruberg (1751-1807) à partir de 1798 en Silésie améliore le procédé par des creusets horizontaux, permettant un chargement et un déchargement sans refroidir l’installation, c’est-à-dire en améliorant nettement le rendement énergétique.
Ce procédé a inspiré de nombreuses usines en Europe et notamment en Belgique dans la région de Liège où Jean-Jacques Daniel Dony (1759-1819) créa une première usine en 1805 puis en 1810 dans le faubourg Saint-Léonard de Liège.
Dony y a encore modifié le principe des creusets horizontaux.
La Belgique étant alors sous domination française, Napoléon Ier lui a accordé la concession du gisement belge le plus riche en zinc (Moresnet/La Calamine).
Ces usines belges sont à l’origine de la Société des Mines et Fonderie de la Vieille Montagne (créée en 1837) qui devint rapidement leader dans la production de zinc.

Séparation des concentres de zinc

Le minerai (généralement la blende) est broyé afin d’obtenir de très fines particules qui vont être soumises à divers traitements chimiques, selon la nature du minerai.
L’objectif est d’en retirer le maximum d’éléments étrangers et d’impuretés pour séparer, le sulfure de sa gangue (silicate, carbonate etc).
Les différents concentrés présents dans la roche sont ensuite séparés par un procédé de flottation comme cela est le cas pour la famille des platinoïdes
Cette technique est basée sur le fait que lorsqu’elles sont en suspension, les particules minérales recouvertes de certains produits chimiques s’agglutinent aux bulles d’air qui sont insufflées par le bas de la cellule de flottation et remontent en surface.
Un dépôt mousseux se forme alors à la surface.
Il sera récupéré et envoyé à travers plusieurs filtres.
A la sortie de ce processus, on recueille plusieurs concentrés de sulfure de zinc et de sulfure de plomb.

Affinage
C’est certainement l’étape la plus importante du processus.
Afin d’obtenir du métal brut, l’industrie métallurgique du zinc utilise deux procédés : l’hydro et la pyrométallurgie.
L’extraction par voie humide (par électrolyse ou hydrométallurgie)
L’hydrométallurgie consiste à la production, la purification ou l’élimination de métaux ou de composés de métaux au moyen de réactions chimiques.

Cette méthode est principalement utilisée dans le traitement des roches faisant apparaître une forte teneur en fer.
Elle se déroule en quatre volets qui sont respectivement : le grillage, la lixiviation, la purification et l’électrolyse.

- Le grillage :
Le grillage pourra transformer le sulfure de zinc en oxyde.
Le dioxyde de soufre obtenu va permettre de donner de l’acide sulfurique qui entrera pour partie dans la fabrication d’agents fertilisants et pour l’autre continuera dans le processus vers l’étape suivante dite de lixiviation.

- Lixiviation
Au cours de la phase de lixiviation hydrolyse, la calcine produite précédemment va être attaquée à l’aide d’une solution diluée d’acide sulfurique (180 à 190 g/l) en milieu oxydant pour obtenir du sulfate de zinc et du soufre sous forme solide.
Cette opération s’effectue aux environs de 60°C et dure entre une et trois heures.
On élimine certaines impuretés métalliques : arsenic, germanium et indium en injectant des ions ferreux (Fe2+) qui précipitent en hydroxyde de fer (Fe(OH)3) en entraînant ces composés.
On sépare par décantation la solution d’ions zinc qui sera traitée par cémentation puis électrolysée.
A ce stade, il reste encore entre 10 à 25% de zinc insoluble qui va être récupéré grâce à une opération complémentaire de lixiviation acide.
La mise en solution des 20% de zinc restant est obtenue en utilisant de l’acide sulfurique concentré.
Le fer et le cuivre sont également solubilisés.
La solution décante pour séparer les éléments solubilisés des déchets solides résiduels du minerai et de certains éléments insolubles.
On extrait le fer de la solution contenant le zinc en le précipitant sous forme d’hydroxyde ferrique (Fe(OH)3).
La solution de zinc ainsi obtenue sera réintroduite dans l’opération de lixiviation hydrolyse.

- Cémentation
Le but de la cémentation de la solution issue de l’opération de lixiviation hydrolyse est de retirer les éléments : Cobalt, Nickel, Cadmium et Cuivre.
Ces éléments ayant été solubilisés sous forme d’ions.
Le principe est de mettre en contact l’ion métal (exemple Cu2+) avec un métal ayant un pouvoir réducteur plus important (moins électronégatif).
On utilise ici de la poudre de zinc fine.
L’opération se fait par plusieurs cémentations successives.
La difficulté d’extraire les éléments suit l’ordre suivant par difficulté croissante : Cuivre, Cadmium, Nickel, Cobalt
On joue en particulier sur la température (entre 45 °C et 65 °C pour le cadmium, 75 °C et 95 °C pour le cobalt).
Les liquides et les solides sont séparés par filtration.

- Électrolyse
Une fois la solution purifiée, elle est versée dans des réservoirs d’électrolyse (cuves en ciment revêtue de PVC) constitués d’anodes en plomb et de cathodes en aluminium.
Cette opération se déroule entre 30 et 40°C et va permettre au zinc de se déposer sur la cathode d’où il sera décollé par pelage (ou stripping) toutes les 24, 48 ou 72 heures selon le cas.
La production par cellules qui contiennent jusqu’à 86 cathodes de 1,6 m², peut atteindre 3 t/jour.
Le zinc obtenu est très pur (99,995 %). Il contient moins de 50 ppm d’impuretés, la principale étant le plomb.
Finalement, le zinc obtenu est fondu et moulé en plaques.
C’est sous cette forme qu’il sera mis sur le marché industriel.

L’extraction par voie sèche (appellée aussi par voie thermique, ou pyrométallurgique)

Cette réduction concerne en priorité, les concentrés riches en plomb et en autres impuretés métalliques valorisables.
La pyrométallurgie est la technique traditionnelle d’extraction des métaux.
Elle permet d’obtenir des métaux à partir de leurs minerais ou de leurs concentrés au moyen de la chaleur.
Il s’agit notamment d’extraire le métal du minerai, d’éliminer la gangue du minerai et de purifier les métaux.
Ce procédé est le premier apparu dans l’histoire.
Le procédé pyrométallurgique est constitué des opérations suivantes :
grillage du sulfure pour obtenir un oxyde de zinc,
réduction de l’oxyde
affinage par liquation et distillation

- Grillage du sulfure
Le grillage. a pour but de transformer le sulfure en oxyde.
L’obtention de l’oxyde de zinc ZnO est réalisée à une température comprise entre 910 °C et 980 °C.
L’oxyde obtenu est appelé « calcine ».
Le zinc obtenu par le biais de cette méthode contient entre 0,5 et 1,5% d’impuretés, principalement du plomb et du fer, plus rarement, du cadmium, de l’arsenic, de l’antimoine ou du cuivre.

Réduction de l’oxyde
Pour réduire l’oxyde de zinc, il faut le chauffer à une température supérieure à la température de vaporisation du zinc (907 °C).
Tous ces procédés sont basés sur le chauffage de l’oxyde pour obtenir le zinc sous forme gazeuse, par carboréduction.
Le zinc est récupéré par condensation de ce gaz.
On distingue trois types de procédé, en creuset vertical, en creuset horizontal, Imperial smelting

Procédé en creuset vertical
Un mélange de calcine, fine de charbon et d’un liant. est après cokéfaction placé dans un creuset de carbure de silicium d’une dizaine de mètres de haut et d’une section rectangulaire d’environ 2 m par 0,3 m.
Le creuset est alimenté en continu par le haut et il est chauffé à une température comprise entre 1 280 °C et 1 320 °C.
L’oxyde de zinc se réduit au contact du carbone en zinc métallique.
À l’issue de la réaction, le zinc est gazeux et encore mélangé à du monoxyde de carbone gazeux.
À partir de ce mélange récupéré en haut du creuset, le zinc est condensé à l’aide d’une turbine.

Procédé en creuset horizontal
Le creuset est en terre réfractaire et d’une capacité relativement réduite.
Il est constitué d’une chambre dans laquelle sera placé un mélange calcine, charbon (en excès).
Elle est prolongée par un condenseur qui servira à condenser les vapeurs de zinc et d’une allonge qui collectera les gaz et en particulier le monoxyde de carbone qui sera brûlé à la sortie.
Compte tenu de la faible capacité des creusets, ils sont associés en batterie.
Les creusets sont chauffés pendant une durée de un à deux jours à 1 200 °C.
Le rendement de ce procédé est relativement faible en comparaison des autres procédés.

Procédé Imperial smelting
Ce procédé est utilisé quand on veut extraire d’autres métaux (cuivre, or, antimoine, bismuth, argent) présents dans le minerai.
Le procédé comporte des similitudes avec celui de l’extraction de la fonte dans un haut-fourneau.
On mélange dans le four de la calcine et du coke.
Ce mélange s’écoule de haut en bas.
La combustion du coke en bas du four produit du monoxyde de carbone.
Ce gaz réducteur monte et réduit l’oxyde de zinc en zinc métal.
Le zinc se gazéifie et est collecté en haut du dispositif alors que le plomb liquide s’écoule avec un laitier contenant divers oxydes : SiO, Al2O3, CaO, SO2.
En s’écoulant, le plomb emmène d’autres éléments métalliques qui peuvent être valorisés.
Le mélange gazeux capté en haut du four contient environ 8% de zinc ; 25% de monoxyde de carbone et 11% de dioxyde de carbone.
Le gaz traverse une pulvérisation de gouttelettes de plomb en fusion à une température de 550 °C.
On récupérera 1 tonne de zinc pour 400 tonnes de plomb.
À la sortie du condenseur, le mélange plomb- zinc est traité par liquation (le zinc liquide flottant sur le plomb) afin de séparer le plomb du zinc qui contient encore 1,5% de plomb.
Le zinc obtenu lors des opérations précédentes contient encore du plomb et d’autres impuretés (fer, cadmium dans des proportions de l’ordre de 0,1%).
Pour augmenter le titre en zinc du métal, il est affiné par deux opérations : la liquation et la distillation.
La liquation est basée sur une différence de miscibilité entre le plomb et le zinc à une température comprise entre 430 °C et 440 °C.
De même, la solubilité du fer décroît fortement lorsque l’on refroidit le mélange fer- zinc.
En traitant le zinc issu des opérations précédentes dans un four à réverbère à une température comprise entre 430 °C et 440 °C pendant un à deux jours, on sépare le zinc qui contient encore 0,9 % de plomb de ce qui s’appelle la ‘’matte de zinc’’ contenant du plomb, 5 à 6 % de zinc et un composé ferreux de composition FeZn13.
Pour obtenir un zinc pur, il faut passer par une opération de distillation fractionnée qui permet de séparer les différents constituants métalliques en jouant sur leurs températures de fusion.
Pour cela, on chauffe le mélange de métaux pour le rendre gazeux.
À l’aide de diverses colonnes de distillation, on sépare les métaux en les condensant.


Mastrou : l'offre des entreprises privées autorisée celle du conseil général rejetée

La décision du tribunal de commerce d’Aubenas était très attendue. Mais le rejet du juge-commissaire ne tomba finalement pas là où il était redouté.
Dans l’offre alliant public-privé, proposée pour reprendre la société du Chemin de fer Vivarais, c’est celle du conseil général que le tribunal de commerce a finalement rejetée.
Le juge a estimé que le Département de l’Ardèche, candidat à la reprise des voies ferrées, était un « dirigeant de fait » de la Saem des Chemins de fer du Vivarais et ne pouvait donc bien entendu prétendre à être repreneur.
« Le Conseil général de l’Ardèche au regard du registre du commerce et des sociétés d’Aubenas a cinq de ses membres présents dans l’administration de la Saem Chemin de fer du Vivarais et de plus il détient 53,39 % des actions, soit plus de la moitié du capital social » précise le juge dans son ordonnance.

« Un contretemps »

Un coup dur donc pour le projet de reprise du Mastrou ? « Un contretemps » selon Emmanuel Buis, directeur de cabinet de Pascal Terrasse qui précisait que le conseil général « gardait le cap » et se laissait le temps pour voir « s’il faisait appel ». « La bonne  nouvelle, c’est qu’un privé se positionne » voulait-il surtout retenir. D’ajouter : « Les voies ne vont pas rester sans propriétaire ».

Une offre de 287 000 €

En effet, les trois autres offres soumises au juge par le mandataire judiciaire ont, elles, été acceptées.
Les deux offres des communautés de communes du pays de Lamastre et du Tournonais, d’un montant respectif de 223 000 € et 237 000 € pour l’achat de gares et de divers autres biens immobiliers ont ainsi été autorisées par le tribunal.
Ainsi que l’offre commune formulée par Les Courriers rhodaniens et Kleber Roussillon pour l’achat d’une partie du fonds de commerce pour un montant de 287 000 €.
Les Courriers rhodaniens, qui disposent d’une « flotte de 200 cars en Drôme-Ardèche », et Kléber Roussillon, qui « gère 500 000 visiteurs par an » sur des sites patrimoniaux, ont vu leur offre de 287 000 € autorisée par le juge.
Une offre jugée « nettement inférieure à la prisée du commissaire mais qui, en associant les quatre offres, contribuera à la réouverture du site (…) d’autant qu’il existe d’énormes difficultés pour assurer la convention du site » précise le juge dans son ordonnance.
La proposition des deux entreprises « inclut la remise en état du matériel roulant » et prévoit « à l’avenir deux départs quotidiens de 500 voyageurs chacun. »

Jean-Xavier PIERIParu dans l’édition 26ABCD du 30/03/2010 du DL (202372138494)


Les mines d'or de la Gardette

Des nouvelles pour tous ceux qui ont signé la petition pour la sauvegarde de ces mines

Citation

« Le Maire de Bourg d’Oisans
Aux signataires de la pétition portant
Sur les mines de la Gardette et du Pontet
Le 07 juin 2005.
Madame, Monsieur,
Vous avez signé la pétition pour la sauvegarde des mines du Pontet et de la Gardette et nous vous en remercions.
L’action que nous avons engagée et que vous avez soutenue a porté ses fruits puisque nous sommes heureux de vous annoncer que les mines du Pontet et de la Gardette seront préservées.
En effet, depuis le 8 avril dernier, plusieurs réunions de concertation regroupant l’ensemble des intervenants dans ce dossier s’est tenue en Préfecture de l’Isère où la DRIRE a précisé les travaux envisagés dans ces mines.
Certaines entrées seront effectivement foudroyées mais par mesure de précaution, tous les minages seront réalisés avec de faibles charges et des enregistrements de tirs.
De plus, ce foudroyage, utilisé de manière ponctuelle n’engendrera pas de dégâts pour les mines. Les autres actions de sécurisation sont toutes, sans exception, réversibles, c’est-à-dire qu’une réouverture et une nouvelle exploitation restent envisageables.
Dès lors, les intérêts de chacun ont pu être préservés : les mines du Pontet et de la Gardette seront sécurisées et ce patrimoine culturel et historique exceptionnel sera préservé.
Une réflexion doit être également menée suite à cette réunion, sur l’avenir de ces mines afin d’étudier les possibilités de réouverture et de nouvelle exploitation.
Nous vous en tiendrons informés.
Pour conclure, nous tenons à nous excuser auprès des personnes qui ont reçu des SPAM après
que leurs adresses aient été subtilisées sur le site Internet.
Nos faibles moyens techniques et la précipitation dans le dossier ne nous ont pas permis de réagir suffisamment vite pour bloquer l’accès à ces adresses.
Les SPAMeurs qui ont pu être identifiés, ont été poursuivis.
Merci encore de votre soutien.
Le Maire,
Lionel PAYEN »

Les dangers des mines

Ce texte est tiré de: « Les mondes souterrains » (histoire de F collins, p.97)

Il baptisa sa grotte Great Crystal Cave et, un an plus tard, elle était prête à recevoir les visiteurs.

Mais le succès se fit attendre.
Si la grotte était belle, elle avait le malheur de se trouver en bout de parcours (à plus de 7 km de l’entrée de Mammoth Cave) sur ce qu’on appelait la route des cavernes.
Bien avant d’arriver à Great Crystal, les touristes étaient happés par des rabatteurs qui, souvent, les entraînaient ailleurs.
Collins se dit alors que le seul moyen de battre la concurrence était de découvrir une nouvelle grotte pourvue d’un accès plus proche de la route que toutes les autres.
En janvier 1925, il s’entendit avec trois hommes qui exploitaient des champs sur une hauteur à quelques kilomètres au sud-est de Mammoth Cave : ils l’autorisaient à fouiller leurs terres et lui assuraient le gîte et le couvert, moyennant quoi les bénéfices éventuels seraient partagés moitié-moitié.
Collins commença par explorer un trou qu’il avait déjà repéré sur le terrain de Beesley Doyle et que surplombait un entablement de grès.
Il lui fallut trois semaines de dur labeur pour creuser une tranchée d’accès et dégager le passage qui venait ensuite.
C’était un boyau étroit et pierreux qui se déroulait dans le sol comme un serpentin avec, d’abord, une pente de 4 ou 5 mètres, puis une verticale, puis une pente en sens inverse se terminant par une autre verticale et un étranglement où l’on arrivait difficilement à se glisser.
De là, on repartait dans l’autre sens, la hauteur du boyau se réduisant progressivement à 25 centimètres environ et l’on atteignait un renfoncement où l’on avait à peine la place de se retourner avant de s’engager sur une espèce de toboggan présentant une dénivellation abrupte de près de trois mètres et aboutissant à une niche et à une chatière.
Le drame survint le vendredi 30 janvier, le jour où Collins allait pouvoir pour la première fois franchir cette chatière après avoir fait exploser une charge de dynamite pour l’élargir.
Muni d’une lampe à pétrole et d’un rouleau de corde, il se glissa dans l’étroiture, remarquant au passage le danger que constituaient les pierres branlantes et la terre meuble autour de lui, et ressortit sur une corniche surplombant un puits de près de 20 mètres de profondeur.
Il y descendit en s’aidant de sa corde et en inspecta le fond jusqu’au moment où la flamme de sa lanterne commença à vaciller, signalant qu’il était temps de rebrousser chemin.
Il remonta donc, laissant la corde en place en vue d’une prochaine descente, s’engagea la tête la première dans l’étroit conduit et s’y enfonça en effectuant des mouvements de reptation tout en prenant appui avec ses pieds sur le sol et les parois.
Il se trouvait alors à 35 mètres de l’entrée et à 17 mètres de profondeur.
Avant de commencer à se hisser à travers l’étroiture, il avait poussé sa lanterne devant lui et elle s’était renversé et éteinte.
Les bras collés au corps, il exerça une poussée avec les pieds.
Le droit heurta une grosse pierre qui saillait et la fit tomber sur le gauche coinçant le malheureux.
De son pied libre, il essaya de se dégager mais ne réussi qu’à détacher d’autres pierres et de la terre, de sorte que le pied droit à son tour, fut immobilisé.
Utilisant les muscles de l’abdomen et de ses cuisses, il fit de nouvelles tentatives pour se libérer, mais chacun de ses mouvements aggravait la situation.
L’infortuné Collins se trouvait pris comme dans une camisole de force.
Il cessa de lutter.
Etendu sur le côté gauche à un angle de 45 degrés, la tête dépassant seule de l’étroiture, les deux bras cloués au corps et les deux jambes coincées, il était complètement immobilisé.
Par dessus le marché, il faisait noir comme dans un four et des gouttes lui tombaient sur la joue. Collins était en train de vivre l’un des plus vieux cauchemars qui hantent l’humanité : il était enterré vivant.
Seul dans sa prison humide et frissonnant de froid, il appela au secours jusqu’à en perdre la voix et finit par sombrer dans une somnolence agitée.
L’accident s’était produit aux alentours de midi et il pouvait tirer quelque réconfort du fait que ses associés savaient où il se trouvait.
Ce soir-là, Beesley Doyle, ne voyant pas rentrer Collins, supposa qu’il était allé passer la nuit chez son voisin, Edward Estes ; mais, le lendemain, lorsque celui-ci lui apprit qu’il ne l’avait pas vu, les deux hommes coururent à la grotte accompagnés de Jewell, le fils d’Estes, alors âgé de 17 ans.
Seul, ce dernier était assez mince pour franchir le premier étranglement du boyau.
Il appela Collins tout en rampant vers le second et entendit une voix faible lui répondre : « Viens par ici, je suis coincé ».
Mais Jewell eut peur de s’aventurer plus loin et battit en retraite.
La nouvelle de ce qui était advenu à Floyd Collins se répandit rapidement et son frère Marshall, 28 ans, arriva bientôt sur les lieux.
Il recruta parmi les quelques dizaines de personnes déjà rassemblées à l’entrée de la caverne des volontaires pour organiser le sauvetage, mais lui non plus ne put atteindre le prisonnier. Homer, 22 ans, le plus jeune des cinq frères Collins et celui qui, après Floyd, avait la plus grande expérience des souterrains, arriva tard dans l’après midi.
S’étant dévêtu, il réussit à franchir les deux passages resserrés et à atteindre, au bas du toboggan, l’endroit où Floyd gisait depuis plus de 24 heures, sans eau, sans nourriture et sans lumière. Consterné de le voir dans cette situation, il lui fit ingurgiter du café et des sandwichs et commença le travail effroyablement lent consistant à enlever la terre et les pierres qui recouvraient son frère jusqu’aux épaules.
Le manque d’espace l’obligeait à des manoeuvres acrobatiques pour creuser, remplir un récipient avec les déblais, le passer à une chaîne d’assistants pour qu’ils le vident et se remettre à creuser.
Il peina ainsi toute la nuit et remonta le dimanche à l’aube, complètement épuisé, ayant réussi à dégager son frère jusqu’à mi-corps seulement.
Pendant qu’il récupérait, plusieurs tentatives furent effectuées par d’autres personnes pour faire parvenir à Floyd de la nourriture et des couvertures, mais elles échouèrent à cause de la boue, du manque d’espace et de la terreur que la grotte inspirait à tous.
A un homme qui était arrivé assez près pour l’entendre, Floyd dit : « Me voici prisonnier…prisonnier à vie ».
Homer se remit à l’ouvrage le dimanche après-midi vers 17 heures et finit par dégager les mains de son frère.
Elles ne pouvaient toujours pas s’écarter du corps, mais il lui mit dans la gauche une barre de fer pour qu’il essaie de détacher la pierre qui coinçait son pied. Floyd était trop affaibli pour la bouger.
De son côté, Homer s’efforçait avec un ciseau et un marteau de creuser la niche où il se trouvait pour se donner plus d’espace et pouvoir travailler plus à l’aise, mais c’était peine perdue.
En rampant, il remonta à la surface pour se reposer et redescendit après minuit alors que dehors une pluie froide commençait à tomber.
A l’intérieur, il faisait 21°C. Floyd, dont la chaleur corporelle baissait, commençait à divaguer, mêlant dans son délire des chars blancs transportant des anges, des sandwiches de poulet et une assiette de foie aux petits oignons.
De temps en temps, il semblait redevenir lucide. Homer, qui passa là toute la nuit, l’entendit à un moment dire en gémissant : « je t’en prie, ramène-moi à la maison, que j’aille me coucher ».
Les journaux de Louisville parlèrent pour la première fois de cette affaire le dimanche.
Le lendemain, 2 février, elle était diffusée dans toute la presse du pays et des journalistes en mal de copie commençaient à se mêler à la foule à l’entrée de la caverne.
L’un des premiers fut William « skeets » Miller, du Courier-Journal’s de Louisville.
Il ne payait pas de mine.
C’était un garçon de petite taille (1.65 m, 53 kilos), aux cheveux filasse, qui débutait dans la profession et ne paraissait même pas ses 21 ans.
Il entreprit immédiatement d’arracher des détails à Homer qui venait tout juste de remonter à la surface après une nuit éprouvante passée auprès de son frère et qui se réchauffait auprès d’un feu de camp.
Homer lui dit sèchement : « voici le trou, vous n’avez qu’à descendre et vous rendre compte par vous même ».
Miller releva immédiatement le défi, à sa propre surprise comme à celle de Homer. « Je pense, devait-il expliquer plus tard, que j’aurais eu honte de reculer ».
Ayant enfilé une combinaison, il s’engagea dans le boyau en se contorsionnant et, après avoir franchi le second étranglement, il se sentit subitement glisser tête la première sur plusieurs mètres et alla heurter en fin de course une « masse humide » qui bougeait et gémissait.
C’était Floyd.
S’efforçant de maîtriser sa panique, Miller remonta péniblement le toboggan et se laissa glisser de nouveau, cette fois les pieds devant. Il remarquait que dés qu’il cédait à la peur, il « s’enflait comme un crapaud et se bloquait ».
Ayant soulevé le morceau de toile d’emballage que Homer avait placé sur le visage de son frère pour le protéger de l’eau qui tombait goutte à goutte, il entendit Floyd lui demander d’une voix faible de le remettre en place et quand il voulut allumer une lanterne, Floyd dit que la lumière lui blessait la vue.
Sidéré par l’horreur de la situation, il s’engagea sur le long et pénible chemin du retour.
Dans son journal, il écrivit : « Je ne voyais aucun moyen de le libérer.
Le nourrir ne pouvait que prolonger son agonie.
Chaque heure qui passait le rendait moins apte à s’aider lui-même ».
Parce qu’il s’était mis à la place de Floyd et avait ressenti ce qu’il ressentait, Miller, de simple témoin journaliste, était devenu un participant actif dans le drame qui se jouait et ses articles allaient lui valoir le prix Pulitzer.
Le lendemain, l’histoire de Collins était à la première page des journaux dans tout le pays.
Photographes et cameramen se bousculaient au milieu de la foule grandissante qui se pressait dans la clairière boueuse aux abords de la grotte baptisée Sand Cave par le presse.
La situation de cet homme que l’on pouvait toucher et réconforter mais qu’on ne pouvait pas délivrer semblait avoir remué, au tréfonds de chacun, des sentiments d’horreur et de pitié qui faisaient ressortir chez les gens le meilleur et le pire.
En attendant, l’opération de sauvetage s’enlisait dans les discussions et les récriminations.
Une tentative de débloquer Floyd au moyen d’une corde attachée à un harnais passé autour de sa poitrine n’eut d’autre résultat que de lui infliger une douleur insupportable.
On continua de creuser avec l’énergie du désespoir autour du prisonnier et on parvint ainsi à le dégager jusqu’aux genoux mais il ne pouvait toujours pas bouger.
Un des plus actifs dans ce travail avait été Johnny Gerald, un ami de Floyd qui l’avait souvent accompagné dans ses explorations.
L’offre d’un groupe de tailleurs de pierres de tailler la roche autour de Floyd fut rejetée, de même qu’une proposition de creuser un puits pour arriver jusqu’à lui.
Le mardi après-midi, skeets Miller retourna sous terre et creusa autour de Floyd jusqu’à dégager ses genoux et ses mollets. Floyd était lucide et d’humeur communicative.
Il lui dit : « j’ai pensé ce matin : voilà quatre jours que je suis ici et je ne suis pas plus avancé qu’au premier jour.
Comment tout cela finira-t-il ? Je ne veux pas y penser.
J’ai déjà eu l’occasion d’affronter la mort et elle ne me fait pas peur ; mais c’est si long ».
La pierre qui le clouait au sol n’était plus maintenant qu’à quelques centimètres. Miller et Robert Burdon, un pompier de Louisville, décidèrent alors de tenter de la soulever en se servant d’un cric d’automobile et d’un levier.
Le journaliste redescendit sous terre, plaça le levier contre la pierre et cala le cric à vis contre le plafond incliné.
Comme il était trop court, on lui fit parvenir des tronçons de bois pour remplir l’espace entre la poignée du levier et le cric.
Puis il commença à tourner lentement la vis. Le levier bougea. « continue, ça vient », lui cria Floyd mais après quelques tours, les bois glissèrent.
Miller recommença et, de nouveau, les tronçons se séparèrent. « Tu vas y arriver », lui disait Floyd pour l’encourager.
Il s’obstina pendant une heure, ajustant et réajustant les pièces de bois et le cric et multipliant les efforts pour déplacer la pierre, mais rien n’y faisait.
A la fin, comme il n’en pouvait plus, Floyd lui dit d’aller se reposer.
La mort dans l’âme, Miller partit après avoir placé sur la poitrine de Floyd, pour lui procurer un peu de chaleur, une ampoule électrique enveloppée dans de la toile d’emballage.
Peu après son retour à la surface, le mercredi à 1 heure du matin, deux mineurs s’introduisirent en rampant dans le boyau et revinrent en disant que le plafond au haut du toboggan avait commencé à se fissurer.
D’autres personnes qui étaient allées vérifier revinrent avec une nouvelle encore plus consternante : le plafond s’était effondré et il n’était plus possible d’atteindre Floyd, même si la lumière de la lampe qu’on lui avait laissée était encore visible à travers les interstices de l’éboulis.
Quand Miller retourna à la grotte vers 10 heures, il voulut aller se rendre compte par lui-même.
Accompagné par un mineur, il descendit jusqu’à l’obstruction et appela Floyd. « Viens donc, lui répondit celui-ci, je suis dégagé ».
Etait-ce possible? Miller se dit qu’après tout l’éboulement avait peut-être déplacé la pierre qui immobilisait Floyd.
Il lui demanda: « Es-tu sûr? »
La réponse fut: « Viens donc en bas et tu verras ».
Comme Floyd ne savait rien du nouvel obstacle, Miller, ne voulant pas le mettre au courant, se contenta de déclarer: « Ce n’est pas possible pour l’instant ».
Puis, se rappelant qu’il avait laissé une bouteille de lait dans une fente près de la tête de Floyd, il lui demanda s’il pouvait l’atteindre. Il y eut un long silence puis vint la réponse: « Non, je n’y arrive pas ».
Manifestement, il avait menti pour inciter les sauveteurs à poursuivre leurs efforts. « Tu n’es donc pas dégagé », conclut Miller.
Floyd convint avec mauvaise grâce: »Non, je ne le suis pas ».
Le journaliste remonta à la surface, trés abattu, et, dans l’après-midi, ce fut au tour de Johnnie Gerald de descendre.
Floyd l’entendit qui discutait avec quelqu’un de la possibilité de consolider le plafond et d’évacuer les décombres. « Pourquoi est-ce que personne ne vient à moi? », s’écria-t-il. Gerald l’informa alors de ce qui s’était passé et le malheureux ne put réprimer ses sanglots.
A l’initiative de Gerald, plusieurs personnes essayèrent d’étayer le plafond à l’aide de madriers pendant que lui-même déblayait l’amas de terre et de pierres pour rouvrir le passage.
Les choses semblaient en bonne voie quand, à 10 h 30 du soir, Gerald, revenant à la charge, constata à son grand désarroi qu’un nouvel éboulement s’était produit par dessus le premier.
Il appela Floyd qui, dans son délire, lui répondit: »Fichez-moi la paix, je suis rentré me coucher et je vais dormir ».
Quelques minutes plus tard, une grosse pierre se détacha du plafond et heurta le dos de Gerald.
Trés secoué, il remonta à la surface et dit à un compagnon: « Je n’en peux plus; je suis à bout de nerfs ».
La situation de Floyd était plus désespérée que jamais.
On ne pouvait même plus le ravitailler.
Quelques heures plus tard, un autre poids léger, un mineur du nom de Roy Hyde, tenta de frayer un chemin à travers la nouvelle obstruction, mais en vain. « Tiens bon, on arrive », cria-t-il à l’adresse du prisonnier qui lui répondit d’une voix dolente: « C’est trop long ».
Le lendemain, jeudi, il y eut un fait nouveau.
Le gouverneur du Kentucky, William Fields, qui avait déjà envoyé un détachement de la garde nationale à Sand Cave, chargea son adjoint, Henry Denhardt, de prendre personnellement le commandement des opérations.
Aussitôt celui-ci ordonna que l’on commence à creuser un puits.
On calcula qu’il fallait creuser sur une profondeur de 17 mètres pour pouvoir atteindre Floyd.
Pour éviter de provoquer de nouveaux éboulements, il fut décidé de ne pas recourir aux explosifs et de se servir uniquement de pelles et de pioches.
Ordre fut donné de ne laisser pénétrer personne dans la grotte.
Les travaux commencèrent le jour même dans l’après-midi.
Une équipe de volontaires, parmi lesquels beaucoup de mineurs, commença à creuser à six mètres de l’entrée de la grotte un puits de 3,25 mètres carrés de section.
Le lendemain, ils avaient atteint une profondeur de trois mètres, mais la terre qui se détachait continuellement des parois et tombait au fond ralentissait le travail.
Samedi, on en était à six mètres de profondeur ; dimanche à midi, on avait à peine dépassé les sept mètres.
Le public était régulièrement informé par les journaux et la radio de ce qui apparaissait désormais comme une des plus grandes histoires à sensation de la décennie.
La foule des badauds, contenue par une barrière de barbelés, grossissait chaque jour.
Dimanche, ils étaient plus de dix mille. « On se serait cru à la foire, écrivait le New York Times.
Vendeurs de saucisses chaudes, marchands de pommes ou de limonade, faiseurs de sandwichs et saltimbanques se disputaient le client ».
Le père de Floyd, Lee, un homme de 65 ans, allait des uns aux autres, distribuant des réclames pour Great Crystal Cave, la grotte familiale.
Des tentes plantées sur le terrain boueux abritaient une infirmerie de fortune, une cantine pour les sauveteurs et diverses autres installations.
Il y eut deux jours de pluie et une journée de neige.
Les volontaires travaillèrent d’arrache-pied et, le mercredi 11, le puits dont les parois boueuses avaient été renforcées atteignait une profondeur de 13 mètres.
Le vendredi 13, deux hommes qui creusaient à la cote -15 signalèrent avec émotion qu’ils avaient entendu tousser.
Dans la nuit, la cote -16 était atteinte et, avec la menace constante d’un éboulement soudain, le puits était devenu presqu’aussi dangereux que la grotte elle-même.
La tension devenait intolérable.
Depuis deux jours déjà les journaux prédisaient l’imminence du dénouement.
Le samedi 14, deux semaines après que Jewell Estes eut découvert ce qui était arrivé à Floyd, on atteignit enfin la cote -17 et l’on commença à creuser latéralement en direction de l’endroit où gisait la victime. Etayant au fur et à mesure de leur progression, les sauveteurs travaillèrent toute la nuit du samedi, puis la journée et la nuit du dimanche.
Lundi après-midi, leur tunnel avait 3,70 mètres de longueur.
A 13 h 30 retentit au bout du tunnel un cri qui électrisa tout le monde: « Nous y sommes! »
Le volontaire Albert Marshall élargit aux dimensions d’un homme de petite taille l’ouverture qu’il venait de dégager.
Ed Brenner qui travaillait à ses côtés se proposa pour s’y introduire pendant qu’on le retiendrait par les pieds.
Il promena le faisceau de sa lampe dans le noir et aperçut à deux mètres sous lui la tête d’un homme.
Il la considéra un instant puis demanda qu’on le tire au-dehors. « Mort », annonça-t-il laconiquement.
Le corps de Floyd, de nouveau enterré jusqu’aux épaules, était étroitement coincé sous une pierre qui lui comprimait la poitrine.
De l’eau gouttait sur sa joue.
Il avait un oeil à demi ouvert.
La dépouille ne put être retirée.
Le lendemain, alors que tous les journaux annonçaient la mort de Floyd, un coroner assisté d’un jury descendit dans le puits pour la confirmer et un médecin établit qu’elle ne remontait pas à plus de trois jours.
Il estima qu’elle était due à l’inanition autant qu’au froid, comme le laissait supposer l’aspect profondément émacié du cadavre.
Le pasteur prononçant l’éloge funèbre dit que le défunt avait été un amoureux des cavernes « qui voyait dans leurs formations géantes et leur décor fantastique la main du seigneur ».
Deux mois plus tard, une petite équipe de mineurs engagée par Homer collins élargit le puits creusé par les sauveteurs et ramena à la surface le corps de Floyd et la pierre qui l’avait tué.
On avait parlé au début d’un bloc de sept tonnes; en fait, il s’agissait d’une pierre ayant la forme d’un gigot d’agneau et pesant 12 kilos.
En 1927, Lee Collins vendit Great Crystal Cave —la grotte que son fils avait découverte—à un dentiste de la région.
Le nouveau propriétaire exposa le corps de Floyd dans un cercueil à couvercle de verre placé à l’intérieur de la grande salle—initiative macabre qui se révéla des plus rentable (…)

Un meurtre élucidé 92 ans après les faits

Une enquête criminelle résolue 92 ans après les faits
AP | 20.11.05 | 18:46

GRENOBLE (AP) — Les gendarmes de la compagnie de La Mure (Isère) viennent de résoudre une enquête ouverte pour homicide datant de 1913 en identifiant scientifiquement, 92 ans plus tard, la victime et son meurtrier, selon le commandant de la compagnie, le capitaine Vincent Corbel.
En mars 2005, un groupe de spéléologues de La Tronche (Isère) découvre des ossements humains dans une cavité de la commune de Gresse-en-Vercors (Isère).
Alertés, les gendarmes qui explorent cette grotte d’une trentaine de mètres de profondeur y découvrent également un vieux morceau de tissu, une semelle cloutée, un petit porte-monnaie contenant un louis d’or daté de 1880 et des pièces de monnaie anciennes. Ils envoient les ossements à l’institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Les experts de la gendarmerie concluent que la victime était âgée d’une trentaine d’années, mesurait 1,70 m et avait une malformation qui la faisait claudiquer.
Parallèlement, des anciens du village se confient aux enquêteurs et évoquent la mystérieuse disparition, en 1913, de Jean-Henry Mouttet, employé dans une fruitière (coopérative laitière et fabrique de fromage) disparu à l’âge de 30 ans.
Un gendarme de l’époque avait noté dans ses archives qu’un soir de novembre 1913, Jean-Henry Mouttet s’était battu avec un berger, un certain Léopold Girard, pour l’amour d’une femme.
Les gendarmes ont retrouvé un petit-neveu de Jean-Henry Mouttet. Celui-ci leur a fourni le livret militaire de son grand-oncle sur lequel figure sa taille: 1,69 m et la mention « exempté » de service militaire à cause de sa claudication. Une analyse ADN, par la lignée féminine des Mouttet, permet d’établir l’identité du squelette retrouvé dans la grotte.
Dans un même temps, ils retrouvent également un descendant de Léopold Girard. Celui-ci leur explique que Léopold Girard, gravement blessé sur le front, lors de la première guerre mondiale, aurait avoué, en 1915, sur son lit de mort, à un prêtre avoir tué Jean-Henry Mouttet, mais sans préciser ce qu’il était advenu du corps.
« Quatre-vingt douze ans après les faits, les gendarmes ont achevé avec succès une enquête de 1913 qui n’avait pas abouti », se félicite le capitaine Vincent Corbel. Il reconnaît cependant que même « si le meurtrier était toujours vivant aujourd’hui, il y aurait eu prescription de toutes poursuites à son encontre ». AP


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