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La fabrication du platre

Le minerai de base du plâtre est le gypse.
Le gypse est une roche sédimentaire provenant de l’évaporation intense, en milieu lagunaire, d’une eau riche en sulfate de calcium dissout.
Formé à l’ère tertiaire (il y a 65 millions d’années, au temps des dinosaures…), il est extrait dans des carrières à ciel ouvert ou souterraines.
La pureté du gypse permet d’obtenir des plâtres de qualité. En France, c’est dans le bassin parisien que sont exploités les meilleurs gypses.
Le gypse se présente sous plusieurs formes cristallines comme :
_ le gypse saccharoïde (fins cristaux agglomérés ressemblant à du sucre de canne)
_ Le gypse dit « pied d’alouette », macrocristaux en lamelles.
_ Le gypse « fer de lance » formé de grandes lames cristallines rappelant la forme d’un fer de lance.
C’est une roche très tendre, rayable à l’ongle. Elle a été choisie comme la référence de base pour l’échelle de dureté des minéraux classés par Mohs (gypse = dureté 1, diamant = dureté 10).
Le gypse est un sulfate de calcium hydraté de forme : CaSO4. 2H2O
(2 molécules d’eau sont liées à 1 molécule de sulfate de calcium)
Il se peut se présenter sous plusieurs formes cristallines. Mais la plus courante (et celle qui est généralement exploitée en carrière) est la forme dite saccharoïde parce qu’elle ressemble à du sucre, et plus précisément à du sucre de canne, à cause de la couleur. Elle est disposée sous forme de bancs homogènes (les « masses ») de plusieurs mètres de hauteur. Elle surmonte une couche plus mince de gypse cristallisé en « fer de lance », c’est une forme semi transparente, très proche du sucre candi à ceci près qu’elle présente des successions de feuillets qui peuvent se cliver. D’ailleurs, cette forme a été utilisée au moyen âge pour réaliser des sortes de vitraux dans les Eglises.
Les autres formes courantes sont :
* les roses des sables
* les anhydrites : comme son nom l’indique, ce sont des gisements de sulfate de calcium naturellement déshydraté (à l’instar d’un surcuit). Les théories s’opposent sur le fait de savoir si ce sont des gisements de gypse classiques qui se sont déshydratés ou si l’anhydrite s’est directement formé. Ces gisements sont présents dans de nombreux endroits (Lorraine, Allemagne, par exemple). Ils sont exploités, soit pour l’industrie du ciment (l’anhydrite peut remplacer le gypse dans la formulation des ciments Portland), soit comme matière première de chapes (techniques des « chapes anhydrites »).
* l’albâtre : cette forme blanche, opalescente a été utilisée en sculpture. Elle est tendre (dureté Mohs 1,5 à 2) et peut prendre un beau poli. Elle est souvent confondue, y compris par le nom, avec d’autres pierres présentant le même aspect, en particulier certains onyx. Il existe des gisements de cette pierre (France, Espagne, Egypte, …) mais pas sur la côte d’Albâtre (Seine Maritime). Certains auraient même été utilisés pour fabriquer du plâtre, alors réputé de qualité supérieure. Les albâtres colorés sont appelés « albâtres orientaux »
Les noces d’albâtre sont pour 75 ans de mariage..
La fabrication du plâtre:
Après extraction le gypse est concassé, broyé et séché. Soumis ensuite à une « cuisson » (entre 100 et 200°C), il se déshydrate partiellement et donne naissance au plâtre.
CaSO4. 2H2O + Cuisson entre 100-200°C ——-> CaSO4. ½H2O (= plâtre hémi-hydraté) + 1½ H2O (=vapeur dégagée)
Selon le mode de cuisson utilisé, 2 formes de plâtres sont principalement recherchées :
_ Le plâtre hémi-hydraté Alpha, obtenu par cuisson sous pression en autoclave.
_ Le plâtre hémi-hydraté Beta, obtenu en four à lits fluidisés ou en fours à flammes directes.
Après cuisson le gypse devenu plâtre subit un broyage final et une sélection de finesse.
Les plâtres Alpha pour leur faible demande en eau permettrons de fabriquer des moules offrant des résistances mécaniques élevées.
Les plâtres Beta caractérisés par leur importante demande en eau et leur grande porosité donneront des moules à forte capacité d’absorption.
Dans la réalité, les plâtres pour moules sont des assemblages de ces variétés créés en fonction des domaines d’application de l’industrie céramique.
La transformation du gypse en plâtre et celle du plâtre en gypse peut être répétée bien des fois, cette réaction d’hydratation déshydratation est parfaitement réversible.
Si le plâtre est du gypse partiellement déshydraté, le résultat obtenu après gâchage et prise estdu gypse
Histoire du plâtre
Déjà à la préhistoire, l’homme s’est aperçu que les pierres blanches constituant le foyer du feu s’effritaient à cause de la chaleur.
En Égypte, l’homme se servait du plâtre pour assembler les pierres des édifices et pour réaliser des enduits (Vallée des Rois).
Dès l’époque gallo-romaine, les habitants du Parisis ont su transformer le gypse en plâtre pour construire leurs maisons. Ils trouvaient le gypse à proximité, dans de petites carrières, presque à fleur de sol. Les Romains eux se servaient du plâtre pour les enduits et les sculptures.
Au Moyen-Âge, l’homme s’aperçoit que le plâtre résiste mieux au feu que le bois. Donc il l’utilise comme enduit de protection. Au Moyen-Âge, puis sous l’Ancien Régime, les petites carrières et plâtrières furent nombreuses mais elles fonctionnaient de manière intermittente. L’habitat local fît largement appel au plâtre.
Au XVIIIe siècle, Paris devient la ville du plâtre grâce à ses gisements souterrains et à l’Edit de Louis XIV de 1667 obligeant le plâtrage des maisons en intérieur comme en façade pour éviter à Paris le sort funeste de Londres lors du Grand Incendie de 1666. Au XIXe siècle vient l’invention du four à plâtre industriel, ce qui permet d’augmenter la production.
Aujourd’hui, le plâtre fait partie de notre vie.
En 1822, une carrière à plâtre est créée par Pierre-Etienne Lambert à Cormeilles-en-Parisis. À partir de 1878, Jules-Hilaire Lambert industrialise la production. Le « plâtre de Paris » acquiert sa renommée.
Dans les années 1930, avec les Frères Lambert, le cycle d’exploitation est complet.
La carrière de Cormeilles est la seule en France à alimenter à la fois la fabrication du plâtre, de briques, de chaux hydraulique, et de ciment artificiel par l’emploi des matières de « découvertes » : argiles, calcaires, marnes. La carrière Lambert est la plus grande carrière d’Europe à ciel ouvert.
Par leurs conquêtes, les Romains vont largement diffuser le plâtre dans tout l’Empire. Les murs des habitations sont enduits de plâtre et de chaux, les plafonds faits de bois et de plâtre. Il peut servir dans la maçonnerie pour unir les pierres les unes aux autres. Les artisans romains développent aussi son emploi comme revêtement extérieur : les tons chauds d’ocre rouge proviennent d’un mélange de briques finement broyées, de pouzzolane, de plâtre et d’eau. Le stuc, fait de plâtre et de poudre de marbre, est utilisé avec éclat pour l’ornementation des édifices.
L’invasion de la Gaule par Jules César donne au plâtre racine dans notre pays. Les Romains, inlassables bâtisseurs, apportent aux populations celtes de nouveaux procédés de construction en maçonnerie et en plâtre.
A Lutèce, sur les bords de la Seine, les huttes de la tribu des Parisii font place à des édifices plus solides. Le site est privilégié par la nature, car la colline de Montmartre regorge de gypse. Dalles, carreaux de plâtre, colonnes, sarcophages… plusieurs vestiges des IIe et IIIe siècle de notre ère témoignent d’un « premier âge du plâtre » à Paris.
La chute de l’Empire romain et les invasions barbares entraînent pour de longs siècles le déclin des constructions en pierre au profit de bâtiments en bois largement utilisés par les peuples du Nord et de l’Est de l’Europe.
Si aux premiers temps de l’Occident médiéval le plâtre régresse, il connaît au Sud de la Méditerranée un remarquable épanouissement, favorisé par les conquêtes arabes. La civilisation musulmane a en effet abondamment utilisé le gypse et marqué sans doute l’un des sommets de l’art du plâtre ; dans un univers où le bois est rare, celui-ci permet de multiplier les motifs décoratifs des mosquées, madrasas (écoles religieuses) et palais. Sans doute trouve-t-on sa plus belle illustration dans l’Alhambra de Grenade où galeries, murs et plafonds s’ornent d’une profusion d’arabesques géométriques ! Une exubérance très ciselée que l’on doit aux qualité plastique du plâtre. Au Moyen Âge, les grands bâtisseurs que sont les moines de Cluny et de Cîteaux remettent à l’honneur l’emploi du plâtre, dont l’usage se répand à nouveau.
La profession plâtrière s’organise et codifie son activité dans la capitale. Le Livre des métiers, commandé par Louis IX au prévôt de Paris, est le texte fondateur de nombre de corporations au XIIIe siècle. Le mot plâtrier désigne alors celui qui réalise l’extraction et la cuisson du gypse, c’est-à-dire le fabricant.
De plus le plâtre à surtout servi comme mortier à bâtir  et comme enduit dans la haute Maurienne et Tarentaise.Un site à visiter absolument www.platre.com

Je vous invite à visiter le site www.ateliers-du-paysage.com menu Une fabrication du plâtre d’ou est tiré une grande partie l’article ci dessus

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