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Le gypse

Brève description :

Le gypse est une roche blanche, d’aspect mat, finement cristallin tendre, rayable à l’ongle, de densité 2,3. Quelques traces jaune de soufre, peuvent apparaître. Constitué en majeure partie de sulfate de calcium hydraté et cristallisé ( + 2H2O, « sulfate de calcium di-hydraté »), il masque généralement en surface une autre roche, I’anhydrite, formée elle aussi de sulfate de calcium, mais sans eau (CaSO4). Plus dure et plus dense on peut l’observer, se débitant en énormes dalles, dans les gorges d’Ambin ou le long de la RN6 sur la rive gauche, à l’aval de Bramans à 2 km de ce village, près d’un petit barrage.

Variétés :

De couleur blanche, parfois jaunâtre à rougeâtre, gris, finement lité ou en feuillets transparents, il existe sous environ soixante-dix différentes formes cristallines ! Les plus courantes sont : les plaquettes (verre de Marie, miroir d’Anne, miroir de Sainte-Marie, miroir de la Vierge, miroir du Pèlerin, pierre à Jésus), les prismes, les aiguilles, les lenticulaires, les macles (fer de lance, queue d’hirondelle, pied d’alouette, queue d’aronde), en agrégats fibreux (crosse de gypse), gypse saccharoïde à grains fins (ou albâtre gypseux), pierre réputée pour ses qualités en sculpture., gypse fibreux (fines aiguilles accolées), gypse « rose des sables », Lorsqu’il est compact à grain blanc et finement cristallisé, il prend le nom d’albâtre (gypse blanc pur). Donne du plâtre (sulfate de chaux) par cuisson entre 150 et 200°C. Le plâtre, additionné de gélatine et de colorants donne le stuc (marbre artificiel). L’anhydrite est du gypse ne contenant pas d’eau.

…et utilisation de ces roches

Le gypse a été depuis longtemps utilisé comme pierre à plâtre (SO4, 1/2H2O), matériau que l’on obtient en le chauffant à 120-130°. A 800 mètres en aval de Bramans, en bordure de la Nationale s’ouvrent plusieurs immenses grottes d’extraction abandonnées aujourd’hui. De même les bâtiments ruinés prés du pont du Nant, en amont de Modane, sont d’anciennes plâtreries. Au contraire l’anhydrite déjà trop déshydratée n’est pas utilisable pour la fabrication du plâtre, par contre certaines variétés transparentes sont appelées albâtre, matériau utilisé par exemple pour les colonnes et les ogives du cloître de Saint-Jean-de-Maurienne.

Leur origine :

Le gypse est classé chimiquement dans les « sels »

Datés du Keuper, étage du Trias (200 millions d’années), gypses et anhydrites sont des roches déposées dans des lagunes ou dans des étangs temporaires salés des régions semi-arides, soumis à très forte évaporation, par précipitation des sulfates dissous dans les eaux.

Elles font ainsi partie des roches salines ou évaporites. Au cours du dépôt, une proportion limitée d’anhydrite peut apparaître (de même qu’une certaine quantité de dolomite réalisant ainsi une association propice à la formation de cargneules. Mais il est probable que pour l’essentiel l’anhydrite a une origine différente: elle résulterait de la déshydratation des gypses (dont le volume se réduit de 38% en perdant son eau). et de leur recristallisation lors de la mise en place des montagnes, sous l’effet de la surcharge des couches de roches.

Sur le bord de mer, un bassin lagunaire constitué d’une barrière biologique (bancs de récifs) ou dynamique (courants marins), autorise une circulation intermittente des flux d’eau de mer chargés de ce sel.
Emprisonnée dans ces bassins, sans sources de renouvellement d’eau douce et dans un climat aride, l’eau s’évapore laissant se déposer par précipitation les sels qu’elle contient : d’où le nom d’évaporite donné à cette roche.

Origine des gypses: dépôt dans une lagune.
(1) depôt de sel, gypse, anhydrite, carbonates, et formation de dolomie.

Notons que les gypses, a cause des trop fortes contraintes tectoniques qu’ils ont subies, ne présentent pas dans les Alpes les beaux cristaux (par exemple, en fer de lance…) que l’on peut trouver dans ceux du Bassin Parisien. On n’y trouve pas non plus les belles « roses des sables » mises à jour dans les grands bassins sédimentaires du Sahara ou même de Provence !.

Des formes originales

Le modelé le plus typique est dû à la rapidité de dissolution de ces roches dans l’eau. Un litre d’eau peut en effet dissoudre environ 2 gr. de gypse. Cette propriété aboutit dans les Alpes a l’ablation moyenne d’une tranche de plusieurs mm. par an (ce qui est considérable à l’échelle géologique) et crée des paysages originaux.

Au dessus de 1.900-2.000 m. d’altitude, ce sont des champs d’entonnoirs, cratères de plusieurs mètres de diamètre et de profondeur, parfois véritables puits d’effondrement aux parois verticales, laissant subsister entre eux des arêtes algues: les crêtes du Général Sarret, au-dessous et à l’Ouest du Mont Froid, en sont criblées, de même qu’une grande partie du Mont-Cenis, recouverte maintenant saisonnièrement par les eaux du barrage, ou encore le col du Petit Mont-Cenis. (fig. 4).

Dès que la pente devient plus forte, ces entonnoirs font place à un réseau serré de ravins et de crêtes déchiquetées en petits monolithes très instables, prêts à s’écrouler: par exemple sur le versant Nord des crêtes du Général Sarret ou au petit Mont-Cenis. Ces formes évoluent rapidement, I’érosion étant très active avec l’influence du climat neigeux et humide de la haute montagne.

Des torrents plus importants ont scié de profondes gorges dans ces roches peu résistantes a l’érosion mécanique comme celles du torrent de l’Envers, ou du torrent d’Ambin, cañon sauvage de 200 m. de profondeur, énorme cicatrice blanche au flanc de la montagne. La haute paroi de la Moutta, falaise surplombante, s’effondre parfois par plaques entières…

A moyenne ou basse altitude les champs d’entonnoirs sont absents mais, ça et là, jalonnant la Nappe des Gypses (Bramans, Verney, Aussois, le Bourget, secteur de Bellecombe-Chavières, la Chira, au-dessus de Termignon…) apparaissent des dépressions larges et circulaires (les dolines), de taille parfois considérable: la dissolution actuelle est peu active en surface, mais le tapis végétal n’empêche pas l’infiltration des eaux et une évolution en profondeur. Il en résulte une instabilité du sol préjudiciable aux constructions: voir les fissures de certains bâtiments construits sur le gypse, en particulier l’église de Bramans déjà reconstruite à deux reprises. Les grottes sont nombreuses mais rarement spacieuses du fait de la fragilité des parois et des voûtes, Cependant il faut citer une cavité importante au Rocher du Châtel entre Bramans et Termignon, et des galeries souterraines formées sous la montagne du Jeu qui ont conduit a plusieurs occasions, sur près de 2 km, une partie des eaux du torrent d’Ambin jusqu’au Verney, formant là un lac indésirable.

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