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Voyage à bord du Mastrou

Je prends la plume aujourd’hui pour vous inviter à un fantastique voyage romantique de l’époque de la vapeur sur les 33Km de la ligne du Vivarais avec le fameux Mastrou reliant Tournon à Lamastre en passant par les gorges du Doux
Bienvenue au départ de la ligne a Tournon ou une Mallet 3+3T attend en fumant, mais en attendant prenez le temps de musarder dans la zone de manœuvre et aller jusqu’à l’atelier de maintenance, à la station de chargement du charbon, vous aurez l’occasion de voir des Mallet 3+3T reconnaissable à leur livrée‚ rouge vert et marron.
Ainsi que les autorails Billard à bogies de 150ch avec leur livrée‚ rouge et crème, ainsi que toutes sortes d’anciens wagons en attente de restauration.
Vous verrez aussi une Mallet 2+2T ex PO MIDI avec sa plaque d’origine, une Mallet 3+3T à double cabine de conduite, ainsi qu’un locotracteur diesel Y de manœuvre communément appelé  » Yo-Yo « .
L’entretien des wagons et des locomotives est effectué par des bénévoles de l’association qui gèrent la ligne.
Ceux-ci remettant en état à l’heure actuelle une locomotive Mallet 3+3T dont le châssis est sur cric, avec le train d’essieu démonté, la chaudière déposée, ainsi que la cabine.
Les chapeaux de soupape, le dôme de vapeur, étant en cours de reconstruction, de même que la chaudière et les tubes générateur de vapeur.
Bientôt nous verrons cette locomotive rejoindre ces sœurs.
La gare de Tournon est une gare à voie étroite métrique, la gare étant également utilise par la SNCF pour le trafic FRET.
Le trafic voyageur se faisant de l’autre coté du Rhône à partir de la gare de Tain l’Hermitage ; il est à noter au passage que le département de l’Ardèche et le seul département français à ne pas avoir de desserte voyageur.
Mais voici que la Mallet rutilante avec son fourgon a bagage et ses six voitures voyageurs nous appelle.
Prenons place dans une voiture et asseyons-nous sur des bancs en bois, à la sortie de la gare la Mallet emprunte la voie normale de la SNCF grâce à un troisième rail fixe à l’intérieur de la voie.
Attention si vous voyagez comme moi sur les plates-formes des wagons afin de mieux profiter du paysage car l’air dans les tunnels est suffocant à cause de la fumée et des escarbilles.
Car nous allons traverser la ville grâce à un premier tunnel avant de passer sur un pont métallique sur le Doux.
Notre voyage vient de commencer dans le grincement des roues et les secousses sur les faisceaux d’aiguillage à la sortie de la ville sur la rive Nord du Doux la ligne se divisant et quittant la voie SNCF pour s’orienter vers l’ouest en direction de la vallée.
De magnifiques paysages se dévoilent de chaque coté du wagon, nous traversons les vignobles du Cote du Rhône qui produisent d’ailleurs un excellent cru (Croze Hermitage), mais bien vite le cours pierreux du Doux se rétrécit et se transforme en gorge, avant d’arriver au lieu dit Douce Plage fort prisée des campeurs et des baigneurs.
Mais émerveillons-nous devant le magnifique pont médiéval à une arche construit entre 1470 et 1583, cent ans de travail furent nécessaire car malgré son aspect tranquille le Doux n’en est pas moins extrêmement dangereuse, car elle connaît de violente crue qui détruisirent plusieurs fois ce pont, qu’on peut emprunter encore aujourd’hui en voiture.
Le train commence alors son ascension le long de cavités et de plate forme creuse dans la roche, nous arrivons bien vite à la centrale hydraulique de Mordane celle-ci n’étant accessible que par le train ou par un sentier muletier partant de la route.
Mais voici que nous rentrons dans un tunnel à la sortie de celui-ci nous voyons le canal des Allemands ainsi appelle car il fut construit par des prisonniers de guerre allemands de 1914-1918, enfin nous arrivons au barrage de retenue alimentant la centrale de Mordane dont la digue centrale fut construite avec les pavés de l’ancienne voie romaine.
Mais voici que le train ralentit souffle des grosses bouffes de fumée noire et crache des gerbes de vapeur blanchâtre, nous nous arrêtons à la gare de St Barthelemy le Plain afin que la rugissante Mallet puisse faire le plein d’eau après sa lente ascension.
Profitons de cet arrêt pour nous dégourdir les jambes, et allons-nous rafraîchir au café de la gare, les deux villages dominent la vallée, chacun d’eux possédant de quoi s’enorgueillir Colombier le Vieux le berceau de la résistance qui fit barrière aux convois allemands pendant la seconde guerre mondiale, St Barthelemy le Plain ayant servi de cadre pour le tournage de la série Clochemerle par la BBC.
Remontons dans le train afin de continuer notre voyage, à partir de la le cours du Doux s’élargit et s’apaise au bout d’une dizaine de minutes la rivière fait une boucle en épingle a cheveux, nous passons alors a proximité de la roche tremblante dont la légende dit qu’elle bouge une fois par siècle.
Apres un court moment nous arrivons au viaduc Garnier ou un panneau nous indique que nous sommes sur un point équidistant entre le Pole Nord et l’Equateur, par la même nous sommes sur une autre ligne de partage, celle entre l’accent du sud et du nord, entre la cuisine a l’huile d’olive et la cuisine au beurre, des catholiques et des protestants le Vivarais ‚tant une terre ou se côtoie les deux religions se mélangeant parfois, s’étant affrontes dans la passée, mais s’ignorant souvent dans des villages catholiques et des villages protestant.
Mais voici que nous arrivons au terme de notre trajet au bout de deux heures a Lamastre descendons du train et attardons-nous un peu dans la gare afin de voir les manœuvres de retournement de la Mallet qui après avoir ete immédiatement detelle fait marche arrière pour s’alimenter en eau et en charbon avant de se placer sur la plaque tournante manœuvrée à la main par le mécanicien et le chauffeur pour aller prendre place en tête du train.
Profitons de cette longue halte pour aller nous restaurer de spécialités ardéchoises dans l’un des nombreux restaurants, ainsi nous pourrons déguster les caillettes ardéchoises, la crique, la tarte aux myrtilles, la crème de marrons, la jambonnette…..
A quatre heures de l’après-midi nous nous rendons à la gare afin de faire le trajet inverse jusqu’à la gare de Tournon
En espérant que ce voyage dans des lieux qui nous parlent de trains à l’odeur d’huile chaude, de vapeur, de l’odeur du charbon, de la fumée entre les pins, bien loin des voitures climatises et des 300km/h du TGV vous a plus.
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