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Reouverture d'une mine dans le département de la Nièvre

Coincé entre la proximité du sommet de Copenhague sur le climat, les engagements du Grenelle de l’environnement, les prochaines élections régionales, et la volonté des élus locaux de développer l’emploi, le gouvernement prend son temps avant de se prononcer sur le projet de concession d’une mine de charbon dans la Nièvre.

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La France ne produit plus de charbon depuis la fermeture des derniers puits en 2004. Pourtant, le renchérissement du pétrole et du gaz provoque un regain d’intérêt pour le minerai. Ce qui explique qu’un gisement de 250 millions à 300 millions de tonnes découvert en 1986 par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), à 40 km au sud-est de Nevers, suscite aujourd’hui des projets d’exploitation.

Fin juillet 2006, la Société d’exploitation des ressources énergétiques du Nivernais (Seren) a sollicité la concession d’une mine, suivie en novembre 2006 de la société Valorca. Les deux projets concurrents, soutenus par des acteurs financiers, visent une zone d’exploitation située sur les communes de Lucenay-lès-Aix, Cossaye et Toury-Lurcy.

La demande, déposée fin juillet 2006 par la Seren, a déclenché la procédure administrative habituelle : avis de mise en concurrence, enquête publique et missions d’inspection. Selon le code minier, une décision doit être prise dans les trois ans suivant la première demande.

« Complexité »

Pourtant, début septembre, le gouvernement n’a pas tranché. Le ministère de l’écologie, qui a reçu un rapport d’experts fin mai, invoque la « complexité » du dossier, qui justifierait un délai supplémentaire de quelques mois avant de décider, sans doute en novembre ou décembre.

Dans la région, le projet minier divise. De nombreux élus soulignent l’intérêt économique d’une mine, qui permettrait la création de dizaines d’emplois liés à la construction des infrastructures, puis à l’exploitation du gisement. Un argument de poids dans ce bassin de population affaibli économiquement. Mais, parallèlement, ces mêmes élus souhaitent voir la production du charbon nivernais la plus « propre » possible.

Wilfrid Sejeau, conseiller régional Verts de Bourgogne, fustige cette « attitude hypocrite » qui consiste à soutenir le projet sans bien tenir compte de l’impact sur la qualité de la vie et la nécessaire action contre le réchauffement climatique. De son côté,Pierre Kaluzny, de l’association de riverains Stop Charbon, pointe que la solution de captage de CO2, présente dans les dossiers de candidature à la concession, est « coûteuse et ne devrait pas être au point avant 2020 au plus tôt ».

Le dossier est donc un vrai casse-tête pour Jean -Louis Borloo, le ministre de l’écologie. A son ministère, on rappelle qu’au-delà des considérations techniques et économiques, ce sera au gouvernement de trancher.

Bertrand d’Armagnac
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