Just another WordPress.com site

L'epidote

L’épidote est un sorosilicate découvert par René Just Haüy en 1801.
Il tire son nom du grec epidosis qui signifie « complément ».
On trouve l’épidote dans les roches métamorphiques, hydrothermales, métasomatiques de contact.
On utilise les épidotes comme pierres fines en cristaux facettés ou en cabochons ou encore en tant que minéral de collection à l’état brut.
Les épidotes sont des minéraux du groupe des nésosilicates.
Ils sont composés de silice, d’alumine, de fer et de chaux.
Les cristaux sont généralement verts : on les trouve en groupe de bâtonnets implantés dans les roches cristallines basiques.
Il existe plusieurs variétés : allanite, clinozoïte, pistacite, thulite, zoïsite; On les rencontre dans le Dauphiné (Oisans), le Tyrol, la Norvège, l’Oural.

Les épidotes constituent une famille de silicate caractérisée par la présence d’un ion hydroxyde (OH) qui indique la nature hydratée des milieux dans lesquels elles cristallisent et se développent. Tous les minéraux du groupe des épidotes possèdent du calcium et de l’aluminium auxquels peuvent se substituer respectivement du manganèse et du fer ferrique.Ce sont ces cations, Ca++, Mn++ Al+++ et Fe++, qui équilibrent électriquement la molécule dont le radical présente 13 charges négatives ([Si3 012 (OH)]13). Ce sont eux aussi qui produisent les variations optiques qui caractérisent les différents membres de cette famille minérale.
La molécule la plus simple est Si3 012 (OH) Ca2 AI3. II s’agit de la zoïsite, épidote incolore, orthorhombique, c’est-à-dire dont le prisme élémentaire a trois angles droits, comme une boîte d’allumettes. Du manganèse peut se substituer au calcium sans modifier la structure de la molécule, Si3 012 (OH) (Ca, Mn)2 AI3, ce qui colore en rose le minéral que l’on nomme alors thulite, mais qui est très rare. Lorsque le Fe*** se substitue à un aluminium de la molécule de base, la structure est modifiée et le prisme élémentaire devient monoclinique, avec deux angles droits et un angle quelconque, comme une boîte d’allumettes inclinée. Le minéral se colore alors en vert pistache d’où son nom de pistachite, Si, 012 (OH) Ca2 AI2 (Al, Fe*« ). L’intensité de la coloration est liée au nombre de molécules affectées par cette substitution. II arrive aussi que les deux substitutions (Ca-Mn et Al-Fe) apparaissent simultanément, ce qui produit un minéral monoclinique, orange à rouge, la piedmontite (Si3 012 (OH) (Ca, Mn)2 AL2 (Al, Fe+++) Dans certains cas, des éléments du groupe des terres rares peuvent participer à l’équilibre électrique, produisant alors une épidote particulière nommée allanite. On retiendra cependant que l’épidote la plus courante et la plus esthétique est la pistachite, minéral vert clair à vert foncé cristallisant en fines baguettes.
Les épidotes apparaissent sous faible pression à des températures comprises entre 200 et 400 °C et dans des milieux hydratés. Ces conditions existent dans les liquides magmatiques différenciés, c’est-à-dire lorsqu’ils sont enrichis en eau, ce dont témoignent les granites et certaines syénites. Elles existent aussi dans les cas où des roches magmatiques « sèches » ou pauvres en eau sont soumises à l’action hydrolysante des ions OH. Dans ce cas l’altération hydrothermale des minéraux contenant les principaux éléments nécessaires aux épidotes produit de l’épidote. C’est le cas du plagioclase, Si, AI2 Ca 08, et du pyroxène, Si, 06 Ca (Fe, Mg). Ces conditions physiques sont également souvent réunies dans les niveaux peu profonds de la croûte terrestre lors du mouvement des plaques. Les roches, à l’origine magmatiques ou sédimentaires, peuvent alors se transformer (métamorphisme) en schistes (roches foliées) et la déstabilisation des minéraux originels peut produire de l’épidote si la composition chimique initiale s’y prête. Ce sont ces gisements métamorphiques qui ont fourni les plus beaux spécimens, en particulier par développement de cristaux pluricentimétriques dans les cavités de certaines roches. Le gisement de Knappenwand, dans l’Untersulzbachtal, province de Salzbourg en Autriche, et ceux de la région de Bourg d’Oisans, dans le Dauphiné, en France, sont célèbres.
A Kerguelen, l’épidote, zoïsite et allanite, est courante à l’état microscopique dans les syénites de la péninsule Rallier du Baty. L’épidote sensu stricto (pistachite) est également très fréquente dans les basaltes recoupés par les formations plutoniques de l’archipel. Il s’agit d’une transformation hydrothermale des minéraux du basalte, processus qui se développe aux abords immédiats des plutons (métamorphisme de contact). L’épidote se présente alors en fines aiguilles millimétriques à centimétriques, dans les vacuoles et les fissures des basaltes.

André GIRET
Professeur de Géologie – Faculté des Sciences de Saint-Etienne

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s