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L'ennoyage des mines en Lorraine

Jeudi 24 Novembre 2005

L’ennoyage des mines de fer de Lorraine fait redouter des effondrements
L’ennoyage (inondation naturelle) des dernières galeries de mines de fer désaffectées du nord de la Lorraine, à partir du 30 novembre, fait redouter aux populations locales des effondrements du sol comme ceux qu’ont déjà connu les habitants de plusieurs communes sinistrées de la région.
« Il y a un lien indéniable entre la remontée des eaux dans les galeries et l’affaissement du sol. Cela s’est déjà produit à Auboué, en 1996, puis à Moutiers, à Roncourt ou à Moyeuvre-Grande en 1997 et 1998 », énumère Colette Goeuriot, présidente du Collectif des communes minières de Lorraine.
Dans ces communes du nord de la région, où l’exploitation des gisements de fer avait cessé depuis des années, l’Etat avait décidé, pour des raisons d’économies évidentes, que l’eau d’infiltration des galeries ne serait plus pompée.
La nature avait alors repris ses droits, et les eaux des sous-sols et de pluie avaient peu à peu rempli les galeries inexploitées.
« Cela a fragilisé les terrains et provoqué les drames humains que l’on sait », souligne Colette Goeuriot.
A Auboué (Meurthe-et-Moselle), le 15 octobre 1996, l’ancienne cité minière se lézarde brutalement. Les planchers penchent, le bitume des routes éclate et les trottoirs se soulèvent. Dans le sous-sol, les galeries viennent de s’écrouler. Cent mètres plus haut, quatre-vingt familles doivent quitter les lieux à la hâte.
« Elles ont été indemnisées dans le cadre d’un accord amiable mais la commune (2.800 habitants) a perdu entre 10 et 12% de sa population », relève Mme Goeuriot.
Après ce premier accident, les experts avaient tergiversé, refusant dans un premier temps de lier l’effondrement à l’exploitation de la mine. Une étude internationale a, depuis, démontré qu’un lien de cause à effet existe entre l’ennoyage et les affaissements miniers.
Solution radicale
Conscientes qu’Auboué ne serait que la première d’une longue série de catastrophes, les populations locales avaient décidé, dès 1996, d’unir leurs forces au sein d’un collectif de défense contre l’ennoyage.
Ensemble, elles ont multiplié recours et procédures, parvenant à retarder par deux fois (en 2002 et 2004) l’arrêt du pompage de la dernière zone restant à inonder, celle du bassin nord lorrain où la dernière mine exploitée par le Luxembourgeois Arbed (filiale d’Arcelor) a cessé de fonctionner en 1997.
« Ce bassin regroupe une dizaine de communes du canton de Fontoy (Moselle), soit environ 20.000 personnes, toutes plus ou moins directement concernées par les risques d’affaissements miniers », assure Colette Goeuriot.
A Fontoy, les risques d’affaissement brutal du sol ont conduit la préfecture à prendre des arrêtés d’expulsion visant 17 familles, toutes indemnisées mais dont certaines, irréductibles, refusent d’abandonner leurs maisons.
Réfutant la solution radicale de l’ennoyage, Colette Goeuriot avance des études réalisées pour le compte du syndicat des eaux local et qui chiffrent la poursuite du pompage ou le comblement de certaines galeries.
« Trop coûteux », rétorquent les pouvoirs publics, qui préfèrent de loin la solution, moins onéreuse, de l’expropriation.
Lors d’une ultime réunion avant l’ennoyage, le préfet de Moselle, Bernard Hagelsteen, a rappelé le « coût exorbitant de la poursuite du pompage »: 21 millions d’euros d’investissement et 3 à 4 millions de fonctionnement annuel.

L’ennoyage des anciennes mines de fer de Lorraine commence jeudi

AP | 28.11.05 | 17:07

METZ (AP) — Les dernières mines de fer de Lorraine vont être ennoyées à partir de jeudi, ce qui signifie que l’eau qui s’infiltre dans les galeries ne va plus être pompée. Certains riverains s’inquiètent de cette décision par crainte de nouveaux affaissements de terrain, mais pour les pouvoirs publics, l’arrêt du pompage des eaux d’exhaure dans le nord lorrain est la solution la plus pertinente.
Le préfet de la région Lorraine Bernard Hagelsteen a décidé, après avoir consulté plusieurs experts de la Direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE), de Géodéris, spécialiste du sous-sol lorrain, de l’Institut national de l’environnement et des risques (INERIS), et d’hydrogéologues que l’ennoyage, irréversible, commencera jeudi.
Quelque 40.000km de galeries, parfois grattées jusqu’à 10m de la surface, sont concernées. Autrefois, et jusqu’à il y a une dizaine d’années, elles étaient exploitées par « Lormines » et « Arbed » (fondue dans « Arcelor », le N1 europien de l’acier), qui itaient favorables dès la fermeture des sites du bassin ferrifère à l’ennoyage.
Financièrement, le comblement est utopique et la poursuite du pompage extrêmement onéreuse. Restait l’ennoyage. Ses détracteurs sont principalement des habitants de ces zones à risque. A Moyeuvre (Moselle), à Moutiers et Auboué (Meurthe-et-Moselle), des effondrements spectaculaires se sont en effet produits il y a quelques années.
Pour cause des premiers ennoyages? Rien n’est moins sûr, selon les experts. « Les phénomènes sont complexes », a expliqué l’un d’eux au cours d’un récent colloque à Nancy. Huit effondrements et huit affaissements ont été enregistrés entre 1902 et 1997, sans lien direct avec l’ennoyage. Selon cet expert, l’eau peut amplifier des phénomènes post-miniers qui se seraient de toutes façons produits.
De plus, l’eau monte doucement. Il faudra au moins deux ans pour remplir les galeries. Les poteaux de soutènement ne devraient d’ailleurs pas être fragilisés, ou peu. Dans les secteurs calcaires, des ruptures, en raison de la nature du terrain, sont envisageables.
Les zones où un risque d’effondrement brutal n’est pas exclu ont déjà été évacuées. A Fontoy (Moselle), l’endroit le plus sensible actuellement, les mouvements de terrain sont surveillés par une sonde anti-sismique d’un laboratoire de géologie de Nancy. En cas d’alerte, les derniers habitants qui ne veulent pas quitter leurs maisons seront évacués.
Pour l’heure, les victimes ont été dédommagées par l’Etat. Par exemple, un F3 payé 300.000FF en 1998 a été indemnisé en 2001 à hauteur de 518.200FF (environ 78.000 euros). La plupart des problèmes ont été résolus. Seules quelques dizaines d’habitants restent hostiles à leur départ et ont manifesté lundi pour montrer leur mécontentement.
Avantage de l’ennoyage: même si les eaux d’exhaure servaient à la consommation ou étaient rejetées dans les rivières, l’opération qui va commencer permettra à la Lorraine d’avoir à sa disposition la seconde réserve d’eau artificielle de France. AP

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