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Après la mine, se bâtir une nouvelle vie

Le 22 août prochain, l’Association du musée du puits Saint-Louis (mine de Messeix) fêtera ses 20 ans. L’occasion pour Daniel Domagala, son président, de revenir sur le passé industriel du village.

La mine et le rail. Ces deux éléments ont longtemps rythmé la vie des familles de Messeix. Des tout premiers gisements, dans les années 1850, au démantèlement total des équipements d’extraction en 1988, le village était une véritable fourmilière humaine. Cette effervescence a cédé la place à des bâtiments vidés de leur sens.En 1990, deux ans après la fermeture définitive, l’association du musée du puits Saint-Louis voit le jour.

« La mine faisait partie du paysage, mais aussi de la vie quotidienne des hommes qui vivaient ici et souvent depuis plusieurs générations. Créer cette association, c’était un moyen pour nous de sauvegarder ce patrimoine industriel et humain, et de le faire vivre ensuite », explique Daniel Domagala, président de l’association.

Et d’ajouter : « Il faut savoir qu’à la fermeture définitive du site, en 1988, l’émotion était palpable dans les rangs des ouvriers et de leurs familles. »

Se construire un avenir nouveau, sans faire pour autant table rase du passé : tel était le pari des anciens mineurs, et des Messeiroux en général. Un défi relevé avec brio, grâce à l’investissement quotidien des bénévoles de l’association.

L’arrêt de l’activité minière a signifié la fin d’une époque, la fin d’une façon de vivre. « Certains sont partis et ont essayé de retrouver du travail ailleurs. Ils avaient cette fierté du métier et ne l’auraient abandonné pour rien au monde, je pense » raconte le président de l’association du musée.

Désorientés, démoralisés, les mineurs qui sont restés à Messeix n’ont eu d’autre choix que d’attendre que la vie reprenne le dessus. Pour la plupart d’entre eux, parler de l’époque « où ils descendaient » est encore un peu douloureux.

« Notre association veut rappeler tout ceci : la vie du village était autrefois organisée autour du travail à la mine. Nous voulons éviter que Messeix ne perde son identité », rappelle le président.

L’arrêt de l’extraction a déclenché une véritable hémorragie démographique. Le village a perdu les deux tiers de ses habitants en très peu de temps. « Et difficile de retrouver un emploi, dans un bassin industriel désormais qualifié de sinistré ! » ajoute Daniel Domagala.

La vie après la mine ? Pour la plupart des ouvriers, il était difficile de l’envisager. Cela signifiait changer d’habitudes, changer de rythme… changer de repères, aussi. Daniel Domagala se souvient : « Dans le coin, il n’y avait que ça, comme métier. Ou bien l’agriculture. Les mineurs connaissaient le travail de la terre. La majorité d’entre eux avaient leur lopin, qu’ils cultivaient après le travail. Rares étaient ceux qui n’avaient pas leur jardin. » Malgré tout, la plupart des ouvriers de la mine ont fini par quitter le village.

Il y a 22 ans, la mine de Messeix fermait ses portes. Aujourd’hui, les Messeiroux s’efforcent de préserver ce témoignage du passé. Une façon de « tourner la page », de se construire une nouvelle vie, une vie différente, après la mine.

Élodie Maury

ISSOIRE
Village auvergnat Musee de la mine
dimanche 2 mai 2010 – 17:25

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