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Ales. Mémoire Le faubourg de Rochebelle, fief de la mine

Rochebelle, un des quartiers les plus anciens et aussi des plus populaires de la ville, vivait jadis à l’heure du charbon.
Les mines de Rochebelle dont l’exploitation, autrefois patrimoine industriel, est étroitement liée à l’identité d’Alès. Son faubourg est riche de son passé, de son histoire forgée par le labeur des hommes. Faubourg vivant, marqué par la convivialité et la solidarité, valeurs nées au fond de la mine.
« Il y avait, autrefois, au moins une dizaine de cafés » rappelle Jean Benoit, le marchand de meubles bien connu à Alès, originaire de ce quartier. « On trouvait, à l’entrée du faubourg, le café Thérond, le Bon Coin, toujours là, en face le café Faure et à côté le café du Pont de Pierre Jalu. Un peu plus haut, le café-tabac, puis celui de Mme Yvonne que fréquentaient

certains joueurs de l’Olympique. Ensuite le bar du « Plumet » qui avait mis dans son établissement un écriteau où on pouvait lire « Viens et bois » ! Plus loin c’était le café-restaurant de Mme Bord, puis le bistrot de M. Gineste qui faisait le coin, enfin le bar-café restaurant de l’Harmonie et à la cime du faubourg, sur la gauche le café de la « Fifi ». » Le faubourg était également riche en alimentation avec les succursales du Casino, des Docks Méridionaux, des Economats du Centre, les épiceries Villaret, Sanchez. On trouvait aussi, au centre du faubourg, deux boucheries, trois boulangeries dont celle de M. Lavie « qui pétrissait la pâte à la main, précise Jean Benoit, dans un pétrin de bois que mon père avait fabriqué. » De nombreux artisans étaient établis au faubourg : le marchand de cycles Cabane, un peu plus haut le local de l’estamaïre M. Comte, l’atelier du menuisier-ébéniste Raoul Benoit, le garage automobiles Domeizel ; enfin le magasin du marchand de vin M. Bès devant lequel, raconte Jean Benoit, « il y avait souvent la queue le matin car la population était nombreuse et le vin se vendait au détail. C’était du vin léger qui devait titrer 9 degrés environ. » Deux écoles pour les en fants du quartier. L’école publique de filles et celle de garçons du Panséra et l’école privée catholique. Près de celle du Panséra se trouvait le lavoir où les « bugadières » venaient laver le linge, en particulier les bleus de travail des mineurs appelés chez nous en Cévennes « la despoillo ». A côté, l’immense bâtisse est une ancienne filature qui fut, par la suite, un asile de vieillards avant de devenir, de nos jours, la bourse du travail. C’est près de là qu’avaient été aménagés des abris anti-bombardements, pendant la Seconde Guerre mondiale. La mine c’était le trait d’union entre les différentes nationalités des travailleurs du sous-sol. Polonais, Espagnols, Italiens, Maghrébins, avec Cévenols, Lozériens, Ardéchois, ils étaient surtout et avant tout… de Rochebelle.

Roger Roux

Midi Libre 13/06/10

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