Just another WordPress.com site

Musée de la Mine à Petite-Roselle

Présenter la vie quotidienne du mineur. C’est l’ambition de l’extension à venir du musée de la Mine. Le nouvel espace ouvrira ses portes au printemps 2012. Des travaux en forme de renouveau pour le site qui se veut désormais le point d’ancrage de la vie culturelle dans l’ancien Bassin houiller.

C’était tellement un paradoxe qu’on ne le voyait même plus. A savoir, le site unique du patrimoine industriel lorrain, la réunion sur un même lieu de toutes les technologies d’extraction charbonnière, présentant toutes les machines… et pas les hommes.
Au fond du cirque naturel où ont été dressés les bâtiments de briques rouges, d’autres volumes écarlates. Une architecture en livre ouvert, une reconstitution précise des veines de charbon horizontales, diagonales ou verticales. Et un petit train jaune pour s’y rendre. Mais, pour celui qui n’est pas du milieu, pour celui qui n’a pas eu la chance d’être emmené là par son père ou de suivre les explications d’un guide, c’est assez obscur. On peut être ému par les prouesses techniques, mais pas forcément touché par tous ces destins humains. Les Italiens passés de leurs statuts d’ouvrier agricole à ceux d’ouvrier du sous-sol, ces Slovènes qui ont traversé l’Europe pour décrocher enfin un emploi et vivre dans ces corons de Freyming-Merlebach…
C’est le but de la prochaine phase du musée de la mine, celle qui s’intitule justement le cœur du musée. Il ne s’agit pas (encore ?) de présenter les vagues migratoires mais en tout cas de montrer la vie quotidienne du mineur, de rappeler quelques explications géologiques fondamentales, de théâtraliser un peu plus la salle des pendus ou la lampisterie…

Présenter le Cœur

En clair, de fournir enfin un corps à ce musée qui présentait jusqu’alors plutôt la tête. C’est toute l’importance de la manifestation tenue la semaine dernière sur le site de Petite-Rosselle. Elle marque un nouveau départ en bouclant très officiellement le financement du Cœur du musée qui devrait ouvrir ses portes dans deux ans. Elle se veut la volonté de refermer la parenthèse après la séparation difficile avec l’ancienne conservatrice du site, Estelle Fruleux. C’est d’ailleurs le président du syndicat chapeautant le site qui a animé cette rencontre, petit foulard noir floqué au nom du musée noué autour du cou. Promenade juste, où ces mots racontant l’avenir. « Le plus grand site muséographique minier de France, en quasi-hibernation depuis trente ans, avait déjà commencé à vivre en 2006 avec la l’inauguration de la représentation du fond.»

Place désormais à demain, rendu possible par « la deuxième phase du musée financée à hauteur de 1,07 million d’euros par l’Etat, à 1,07 million d’euros par la Région. » Le syndicat injecte quasiment 600 000 euros. Bouffée d’oxygène indispensable pour boucler le financement des travaux, les 300 000 euros apportés par la fondation Total par le biais de la Fondation du patrimoine. Un engagement d’autant plus symbolique du géant pétrolier pour soutenir la mémoire charbonnière. Un engagement d’autant plus important dans cette Moselle-Est qui vit dans la douleur la diminution de cette entreprise dans son activité chimique sur la plateforme de Carling. « Le Cœur du musée commence à battre. Le nouveau souffle impulsé par le mécénat Total nous renforce dans cette concrétisation. » Et le calendrier est visiblement serré.
« Au moment où nous programmons le début des travaux pour le mois d’octobre », l’objectif est d’ouvrir au public le nouveau espace pour le printemps 2012.
Concrètement, le visiteur pourra notamment découvrir dans une partie de l’ancienne salle des pendus une exposition permanente sur l’environnement social et familial du mineur. La muséographie présentera également la période-phare du site du carreau Wendel, c’est-à-dire les années 1950. Troisième étape importante, le réaménagement de la salle polyvalente afin de pouvoir y organiser des conférences, représentations théâtrales et cinématographiques.
Des travaux qui dépassent une simple valorisation muséale mais qui s’inscrivent dans une stratégie globale d’intégration du musée dans le développement local de l’agglo de Forbach. « Nous sommes en train de travailler sur la mise en place de projets communs avec le musée de Völklingen, avec la ville de Sarrebruck, tout cela financé pour partie par des fonds européens. Nous ambitionnons également que la Scène nationale du Carreau puisse davantage s’investir sur le site pour proposer du contenu culturel », annonce le président de l’intercommunalité forbachoise, Laurent Kalinowski.

Formidable défi

Un travail de mise en valeur d’autant plus important que le site ne pourra vivre que de son action mémoriale. Pour beaucoup d’habitants de l’ancien Bassin houiller, les mines ont fermé depuis bien longtemps déjà. Ils ont éloigné ce qui ne constitue qu’un repère flou. Terrible menace pour le Carreau Wendel. Ou plutôt formidable défi que de continuer à vivre dans un environnement de ce type. Les acteurs semblent enfin l’avoir compris.

Par Matthieu VILLEROY • Journaliste La Semaine • 19/06/2010 à 11h49

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s