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Balade entre Saint-Jean-bonnefonds et La Talaudière

A côté de l’ancienne caisse de secours, coule l’Onzon. C’est en 1916, nous informe Louis Drevet, adjoint au maire et féru d’histoire, que des prisonniers de guerre allemands ont creusé ce canal latéral et l’ont bétonné avec du matériau de mauvaise qualité confectionné avec des scories. Ceci pour parer aux inondations de mine. Un demi-siècle plus tôt, du temps de M. Evrard, une inondation avait causé dans le secteur 150 jours d’interruption de l’extraction.

Un petit retour en arrière s’impose. Il y avait vers 1880 cinq concessions: Chazotte, Montcel-Sorbiers, Calaminière, Beuclas et Sorbiers. Elles ont été créées peu après une ordonnance royale autorisant  d’exploiter le charbon de terre, signée par Charles X le 13 juillet 1825, et concédée à Jovin-Deshayes, Tézenas, Descos, Bastide et Colcombet. Les deux plus importantes concessions étaient celles de la Chazotte et du Montcel. Les Houillères de la Chazotte furent rachetées en 1875 par la Compagnie PLM, laquelle racheta aussi au fil du temps toutes les autres concessions. La compagnie, rebaptisée Houillères de la Chazotte-PLM, possédait ainsi tous les puits de mine, une cinquantaine vers 1885, des communes de la Talaudière (créée en 1872), Sorbiers et Saint-Jean-Bonnefonds. Comme tous les charbonnages de France, la Chazotte fut nationalisée en 1946.

Nous poursuivons rue de la Chazotte, au coeur de la ZI du même nom, l’ancien plâtre ou étaient concentrées de nombreuses installations minières destinées à préparer les charbons en provenance des puits des alentours. Des ateliers, garages, magasins, lavabos, lavoirs… il ne reste presque plus rien. Tout fut rasé en 1968. Les deux étangs artificiels furent vidés. C’est là aussi que se trouvait une usine célèbre, l’usine à boulets, c’est à dire des sortes de briquettes fabriquées avec les charbons fins et destinées aux chaudières domestiques, des locomotives et des bateaux. C’est Evrard, encore lui, qui eut cette idée et installa dès 1855 son atelier à « saucissons » ou « boudins ». L’usine fonctionna jusqu’en 1949. Elle se trouvait en lieu et place de l’entreprise Philibert pneus. A son niveau d’ailleurs, de l’autre côté de la rue Jean Rostand, à la Pérolière où nous reviendrons, deux poutrelles métalliques, marquent toujours l’entrée (portail et portillon) des Houillères de la Chazotte.

Rue de la Chazotte, en continuant notre balade en direction d’un des ronds-points « folklos » de la Talau, on remarque à droite les restes d’un crassier amputé des 4/5e. A ce niveau était située l’entrée, dès 1952, de la Grande fendue de la Chazotte. A la même époque le puits Lacroix tirait sur sa fin et Verpilleux, de construction récente, devait prendre le relai. Un plan incliné de plus de 1600 mètres fut alors creusé pour atteindre le charbon. L’idée géniale, très rentable, fit perdurer durant quinze ans l’extraction houillère à la Talaudière.

C’est cette Grande fendue qu’évoque le premier des deux ronds-points sur le thème de la mine que l’automobiliste rencontre sur la rue Jean Rostand. Il donne aussi accès à la rue Paul Roux qui n’est autre que l’ingénieur qui élabora le projet de Grande fendue. Louis Drevet nous en apprend plus. Il a été aménagé par Saint-Etienne Métropole pendant le printemps 2000 pour mieux desservir le quartier proche de la Pérolière. Son implantation a nécessité  le transfert de 45 000 m3 de déblais enlevés à la base d’un ancien crassier du XIXe siècle avec un remodelage des pentes. L’ensemble des surfaces a été engazonné et planté d’arbres. Le décor annexe est composé d’un train de bennes de type Chazotte (500 litres, en tôle d’acier) et d’un wagonnet porte-bois. Les grandes bennes de 3 000 litres portent la marque de Verpilleux, de Charles et de Pigeot, d’autres puits célèbres de la région stéphanoise.

En poursuivant rue Jean Rostand, on arrive à un 2eme rond-point, aménagé lui aussi aussi pendant le printemps 2000, au croisement de la rue Jules-Grévy et à la jonction des trois Communes liées par l’histoire minière : La Talaudière, Sorbiers et Saint-Jean-Bonnefonds. Les frais ont été partagés entre les trois communes. Le décor évoque aussi l’entrée d’une fendue, galerie horizontale ou légèrement oblique permettant l’exploitation du charbon au début du XIXe siècle. Les trois bennes en bois ferré symbolisent les trois communes ; elles reproduisent celles utilisées au Puits Petin vers 1890 avec une contenance de 350 litres.

Mais nous rebroussons déjà chemin en direction de Saint-Etienne pour gagner l’ancien plâtre du puits Saint-Joseph, un des plus anciens puits de la Chazotte, foncé en 1837 à 50 mètres pour atteindre les 300 mètres à l’aube des années 1910. Le chevalement fut rasé en 1968 mais il reste encore, notamment, de part et d’autre du château d’eau, le bâtiment des chaudières et les lavabos avec leurs cheminées d’aération.  On remarquera aussi en face, de l’autre côté de la route, une allée de platanes qui conduit vers d’anciens logements de fonction pour ingénieur. Le promeneur a ensuite la possibilité de poursuivre par la rue de la Pierre Plantée en direction de Saint-Jean-Bonnefonds, sur les hauteurs.

Nous continuons quant à nous par la rue du Puits Lacroix. Le puits en question exista de 1855 à 1969 (démolition du chevalement). Mais son exploitation cessa en 1956.  Son nom viendrait d’un ouvrier mort accidentellement lors du fonçage. Et voici le crassier du Fay qui a grandi à partir de 1931. Plus d’un million de mètres cubes de déchets sont entassés là. Et de charbon, ce qui lui valut d’intéresser dans les années 80 les Charbonnages de France. Sans suite. On arrive ensuite au hameau du Fay. Le nom vient du patois Fayard (hêtre). S’y trouvait un château, connu dès le XIIIe siècle, appartenant à Etienne Blanc, vassal du Comte de Forez. Son fils, Gaudemart de Ravoys (Reveu) céda le domaine au XIVe siècle à son suzerain.

Le puits du Fay se trouvait en bas du terrain de sport. Un bâtiment existe toujours. Il s’agit des anciens lavabos qui furent reconvertis en école où l’on préparait les jeunes au métier de mineur. A noter qu’il y avait dans le secteur d’autres puits: le Puits Baby, le Puits Jules, le Puits Petin dont les crassiers plus anciens que celui du Fay se confondent aujourd’hui avec la végétation.

On rejoint Le Fay pour voir un autre bâtiment, vestige d’un autre puits, le puits Lucy. Ce bâtiment massif, carré, avec ses briques et ses fenêtres, dont certaines ont été murées, se trouve dans les prés, près de la Maison de quartier et du terrain de boules. D’après Maurice Bedoin, dans son guide sur le patrimoine minier stéphanois, il s’agissait du bâtiment de la machine. L’auteur raconte qu’en 1895, les chaudières ayant explosé, il fut décidé de produire la vapeur indispensable à l’exploitation en amenant ici trois locomotives. Qu’on fit circuler de 100 mètres en 100 mètres sur des rails mobiles, depuis le Puits Saint-Joseph, terminus de la voie ferrée.

On redescend ensuite en direction de La Talaudière en empruntant la rue des Feuilles de lierre puis la rue du Château Chaize pour arriver vers la Pérolière. On remarque le terrain en pente. Un plan automoteur fonctionnait ici, comme à La Calaminière. Un dispositif astucieux qui permettait la descente des wagonnets en provenance des puits situés sur les hauteurs et qui allaient livrer leur chargement au lavoir de la Chazotte. Le plan était alors bien plus incliné. C’est le bâti reconstitué d’un de ces plans automoteurs, avec la poulie de halage d’origine, celui de la Pinche, sur Saint-Jean-Bonnefonds, qui a été reconstitué devant la Maison du Patrimoine et de la Mesure. Il servait quant à lui à évacuer le charbon de la couche dite de la Buissonnière, exploitée par les Mines du Montcel-Sorbiers vers 1860. En face de l’entrée de l’ancienne zone de la Chazotte, que symbolisent les poutrelles métalliques évoquées plus haut, l’ancien bar des mineurs, avec ses murs en grès houiller, briques et  « mortier d’hirondelle ».

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