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Dans les pas des mineurs de la Rodde

Entre Lavoûte-Chilhac et Ally, à la mine de la Rodde, les visiteurs peuvent avancer dans les pas des mineurs, équipés de la tête aux pieds.

Cindy Bochard

« ici ce n’est pas un musée, mais une vraie galerie », précise d’emblée Sébastien Bénistant, animateur de l’association Action Ally 2000. Une précision qui justifie l’équipement nécessaire à la visite, qui n’a rien à voir avec du folklore, même s’il plonge rapidement les visiteurs dans l’ambiance. Ainsi, casques vissés sur la tête, bottes en caoutchouc aux pieds, K-Way sur le dos et lampe torche à la main, voilà le petit groupe de dix personnes, accompagnées d’un guide, prêt à découvrir la mine de la Rodde, entre Ally et Lavoûte-Chilhac.

En l’occurrence, 250 mètres de boyaux creusés dans la roche, une portion réhabilitée et mise en sécurité d’un réseau de 4 kilomètres, et qui plongent à 14 mètres de profondeur. Mais si les visiteurs descendent dans les entrailles de la terre, c’est pour mieux remonter le temps ! D’abord jusqu’à celui des gallo-romains, les premiers à avoir gratté la montagne pour en extraire de l’argent. Les traces trouvées sur les parois, ainsi que des objets récoltés à l’extérieur (céramiques, tuiles, mortier, lampes à huile, etc.) le prouvent. « Durant les visites, nous partons à la recherche de ces traces vieilles de plus de 2.000 ans, explique Sébastien Bénistant. Par exemple, ces petites niches dans les parois où se logeaient les lampes à huiles pour faire office d’éclairage ».

Puis, plus la visite s’enfonce au coeur de la colline, plus le temps s’écoule pour s’arrêter au XIXe siècle. L’ère industrielle a profité à la mine de la Rodde, qui s’est alors développée jusque dans les années 20. Et l’antimoine a remplacé le plomb argentifère sous la pointe des pioches des mineurs.

L’association Action Ally 2000 a d’ailleurs choisi de mettre un peu plus l’accent sur ce métal, si caractéristique de la région, lors d’une spéciale « nocturne » cet été (*). « Il y a encore cent ans, la France était le premier producteur au monde d’antimoine et l’essentiel de l’activité se concentrait dans un triangle entre Brioude, Langeac et Massiac », rappelle l’animateur.

Les quelques vestiges qui restent de cette ère industrielle ont donc été illuminés pour la nocturne. « Une fois dans la mine, qu’il fasse jour ou nuit ne change pas grand-chose, admet Sébastien Bénistant. Mais nous voulions profiter de l’ambiance qui règne à l’extérieur ». Chaque espace sert alors de décor pour revenir de façon différente sur l’histoire de la mine de Rodde. Autour du puits, les visiteurs revivent la chute d’un mineur avec la lecture d’un procès verbal d’accident de l’époque, tandis que les souvenirs d’une petite fille de 10 ans, enfant de mineur, sont racontés un peu plus loin au milieu des arbres. Enfin, l’intérieur de l’ancienne laverie accueille des contes, vantant les vertus (sans doute imaginaires !) de l’antimoine.

Une autre façon de s’immerger dans l’histoire et les galeries, en gardant la tête au grand air !

(*) La première visite nocturne de la mine de la Rodde s’est déroulée jeudi 17 juillet. D’autres pourraient être organisées pendant l’été.

La Montagne le 18/07/2010

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