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150 ans d'histoire minière au musée du carreau Wendel

Le dernier puits lorrain a cessé son activité en 2004, près d’un siècle et demi après le début de l’exploitation des veines de charbon du sous-sol mosellan. Dès 1985, une association de bénévoles avait lancé le projet de création d’un lieu de mémoire qui a donné naissance, vingt ans plus tard à La Mine musée du carreau Wendel à Petite-Rosselle.

DE NOTRE CORRESPONDANT À NANCY, PASCAL AMBROSI

La visite commence avec l’embarquement dans le petit train du mineur qui traverse le carreau de la mine, marqué aux quatre coins par les chevalements surplombant les puits. Après un passage dans l’obscurité à travers une maquette fluorescente expliquant les particularités du sous-sol de la région, les visiteurs arrivent devant la « cage ». Il s’agit d’un monte-charge grillagé qui accueille au maximum 25 personnes et descend, dans un bruit assourdissant, en quelques minutes à 1.200 mètres sous terre, là où commence la visite de la galerie principale. C’est ce même type d’ascenseur qu’ont emprunté, pendant les 127 ans (de 1862 à 1989) qu’a duré l’exploitation du puits de Wendel à Petite-Rosselle (Moselle), plusieurs générations de mineurs. Au plus fort de son activité, ce site, qui abrite aujourd’hui le musée, employait plus de 5.000 personnes.

Reconstitutions des chantiers

Pendant près de deux heures, sous la conduite d’un guide, les touristes vont revivre, grâce à des panneaux pédagogiques, des films (dont un en 3D qui les plonge au coeur des équipes de taille) et des reconstitutions de chantiers, l’épopée des « gueules noires » lorraines. Le vrombissement des machines, les voix des mineurs qui s’interpellent et les lampes blafardes qui par moments défaillent, tout est fait pour conditionner les spectateurs à découvrir ce monde souterrain.

De l’exploitation en « plateure » à celles en « semi-dressant » ou en « dressant », toutes les techniques sont décrites. « Ce que vous voyez ici est loin de l’image véhiculée par Germinal. Certes, le travail était pénible en raison du bruit et de la poussière, et souvent dangereux à cause des risques d’explosion du grisou (gaz méthane fossile toujours présent dans le sous-sol lorrain que plusieurs sociétés tentent aujourd’hui d’exploiter, NDLR ), mais, dès les années 1930, beaucoup de machines sont venues l’alléger », rappelle Willy, un des guides, qui a travaillé trente-trois ans pour les Houillères du Bassin Lorrain (HBL). De fait, comment imaginer qu’un engin de plus de 80 tonnes, comme cette « haveuse », sorte de scie circulaire découpant la veine de charbon en tranches, a pu être installé dans une galerie aussi profonde et étroite…

Les difficultés de l’exploitation souterraine, liées aux risques d’ennoyage par les eaux d’exhaure pompées sans cesse ou d’effondrement des galeries qu’il faut étayer à l’aide de piliers en bois ou de vérins hydrauliques, liées également à l’arrivée d’air frais et l’expulsion de l’air vicié, sont expliquées clairement, mettant toujours en évidence les mesures de sécurité que devaient prendre au quotidien les « hommes du fond ».

Projet d’amélioration du musée

D’ici à 2012, La Mine musée du carreau Wendel va évoluer et s’enrichir en améliorant son accueil et réhabilitant le « parcours du mineur ». Le public traversera la salle des pendus (dans laquelle les mineurs changeaient leurs vêtements « civils » contre leurs habits de travail), les douches et la lampisterie. Une partie de la salle des pendus abritera une exposition permanente sur l’environnement social, familial et économique des mineurs.

C’est en 1985, quatre ans avant la fermeture du puits Wendel, qu’un groupe de passionnés jetait les bases d’une association de sauvegarde de la mémoire ouvrière minière et de l’histoire de ce secteur économique apparu en Lorraine dès la fin du XVIIIe siècle, dans le prolongement de l’exploitation des gisements sarrois. Cette association se transformera peu après en centre de culture scientifique, technologique et industrielle. En 1998, soutenu par le ministère de la Culture, un syndicat mixte pour la création et la gestion d’un musée de la mine est créé afin de rassembler les collections et déposer un projet scientifique et culturel. Le musée est ouvert au public depuis juin 2006.

12/08/10  – 12H30  – Les Echos

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