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Budelière dépollution des anciennes mines d’or du Châtelet gorgées d’arsenic

Budelière dépollution des anciennes mines d'or du Châtelet gorgées d'arsenic

Activité intense dans les anciennes mines d’or du Châtelet, désaffectées depuis 1955 : l’État fait place nette pour protéger les riverains et les gorges de la Tardes.
Au pied de l’émouvante chapelle romane du Châtelet, les habitants du village observent le grignotage de la vieille cheminée de la mine d’or par une pince vorace. La journée d’hier marquait l’achèvement de la démolition des ruines d’un site qui fit travailler jusqu’à 450 mineurs et ouvriers à la fin des années 1920. Un patrimoine industriel, qui plus est singulier, est en passe d’être complètement effacé mais personne ne saurait s’en émouvoir. Surtout pas les riverains : « Les gens d’ici ont attendu longtemps. On est contents que le chantier ait enfin démarré », assure Viviane Vallauri, retraitée au Châtelet.
Cela est dit sans colère : « On ne peut pas dire que l’arsenic inquiétait vraiment. Il m’est arrivé de manger des poissons pêchés dans la Tardes. » L’arsenic est présent naturellement dans le sous-sol. Comme une épée de Damoclès au-dessus de la Tardes, ce sont près de 600.000 tonnes de minerai qui ont été accumulées en une cinquantaine d’années d’exploitation (pour un total de 11 tonnes d’or produites). Mais pourquoi démolir les vestiges ? « Les suies déposées pouvaient contenir jusqu’à 60 % d’arsenic », explique Patrick Jacquemin, chef de projet pour L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). La société d’exploitation des mines du Châtelet n’a plus d’ayants droit, c’est donc l’État qui fait face aux obligations de dépollution. Il finance intégralement les 4 millions d’euro de l’opération L’ADEME, maître d’ouvrage, a pour mission de rendre inoffensifs tous les « produits » (terre et matériaux) affichant une teneur d’arsenic supérieure à 5 %. Une dizaine d’employés des sociétés Guintoli et Muller TP travaillent sur le site avec des mesures de sécurité adéquates (combinaisons et masques).
Le site est très accidenté, mais la difficulté réside surtout dans le contrôle des poussières : « Nous ne pouvons pas arroser au moment de la démolition, car cela impliquerait le ruissellement d’eau contaminée vers la Tardes », souligne le chef de chantier. L’eau est donc pulvérisée pour limiter l’impact.
La qualité de l’air et celle de l’eau sont contrôlées en permanence. Hier, le sous-préfet d’Aubusson, Jean-Paul Mosnier a obtenu toutes les garanties sur la maîtrise de ces paramètres. Les sols et matériaux pollués à plus de 30 % son actuellement déposés dans une nasse de confinement : une alvéole étanche étalée sur deux hectares. Le géotextile qui couvrira ces tonnes de produits, sera lui-même recouvert de terre et bénéficiera d’une revégétalisation . L’arsenic, en somme, retourne à la terre. On doit en perdre la trace. Ultime précaution : une digue est érigée afin d’éviter que les crues,y compris centenales, de la Tardes n’entraînent ces terres souillées vers le barrage de Rochebut et Montluçon.
Lire l’intégralité du dossier dans notre édition papier du vendredi 17 septembre ou en téléchargeant notre édition sur le site internet.

Julien.rapegno@centrefrance.com

La Montagne 20 septembre 2010